La Banque de France mise sur une reprise plus graduelle de l’économie
L'économie française évitera probablement une récession en 2023, tandis que la croissance au cours des deux prochaines années serait un peu plus graduelle qu’auparavant, selon les nouvelles prévisions de la Banque de France publiées mardi soir. La deuxième économie de la zone euro devrait afficher une croissance de 0,1% au deuxième trimestre et de 0,2% au cours des troisième et quatrième trimestres. Cela signifie que pour l’ensemble de l’année 2023, le produit intérieur brut (PIB) de la France devrait augmenter de 0,7%, contre une prévision antérieure à 0,6% et une croissance de 2,5% réalisée l’an dernier.
Cette révision limitée recouvre différents facteurs. Dans son scénario central, l’institution n’anticipe plus de difficultés liées à l’approvisionnement en énergie. Elle prévoit aussi «une révision à la hausse de la demande publique, en particulier en raison d’une augmentation des prestations sociales en nature cohérente avec le programme de stabilité». Ces facteurs compensent l’évolution moins favorable qu’attendu pour l’environnement international, les effets négatifs sur le pouvoir d’achat d’une inflation récente revue à la hausse par rapport à mars, ainsi que l’impact du resserrement des conditions de crédit sur l’investissement des ménages et des entreprises.
Cette estimation est cependant plus prudente que la prévision de croissance de 1% réitérée mardi par le ministre de l’Economie et des Finances Bruno Le Maire et sur laquelle le gouvernement a construit son budget 2023. Le ministre a également repoussé à fin septembre une potentielle révision, lors de la présentation du projet de loi de programmation des finances publiques.
A lire aussi : La Banque de France défend le retour à la normale du crédit à l'habitat
Une légère hausse du taux de chômage
Dès l’an prochain, les dépenses des ménages devraient s’améliorer avec la baisse progressive de l’inflation, ce qui ouvrirait la voie à une croissance moyenne annuelle de 1,0% en 2024 et de 1,5% en 2025, selon la Banque de France. Elle a ainsi réduit de 0,2 point de pourcentage ses prévisions pour chacune de ces années, car la faible croissance des principaux partenaires commerciaux de la France devrait peser sur ses perspectives économiques. Le taux de chômage augmenterait légèrement sur la période pour atteindre 7,6% en 2025 contre 7,3% l’an dernier.
Après un pic au deuxième trimestre de cette année, la décrue de l’inflation s’annonce plus marquée au second semestre jusqu'à atteindre 4% en fin d’année. Sur l’ensemble de 2023, l’institution monétaire a un peu relevé sa prévision pour l’indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH) - qui sert de baromètre au niveau européen. Il atteindrait 5,6% sur l’année dans l’Hexagone, après 5,9% en 2022, tiré par les prix de l’alimentation. La détente serait plus prononcée à partir de 2024, avec une hausse des prix limitée à 2,4% et qui ralentirait encore à 1,9% en 2025, conformément à l’objectif de la Banque centrale européenne (BCE).
Le déficit public, susceptible d’atteindre, voire dépasser 5% du PIB cette année, resterait supérieur à 4% à l’horizon 2025. Le taux d’endettement public se stabiliserait un peu au-dessus de 110% du PIB à cette échéance, alors qu’il enregistrerait une nette baisse dans le reste de la zone euro.
(Avec agences)
Plus d'articles du même thème
-
L'activité économique repart à la hausse en zone euro au mois de juillet
Activité globale, services ou industrie, tous les PMI européens sont en croissance en juillet. Un peu moins d’inflation et des chaînes d’approvisionnement moins perturbées ont permis de reconstituer les stocks tandis que la demande est repartie à la hausse. -
La BCE suit la boussole des marchés
La banque centrale joue la montre avant une très probable hausse de taux en septembre, le temps d’avoir les données pour la justifier. Le Conseil des gouverneurs donne cependant l’impression de se satisfaire de voir les marchés anticiper, voire guider ses décisions. Malgré des taux à 10 ans au plus haut depuis longtemps. -
L'Europe est sous la menace du rebond des prix du gaz
Alors que la Chine a commencé à reconstituer ses stocks de gaz et que ceux de l'Europe sont au plus bas, les conditions sont réunies pour pousser les prix à la hausse en l'absence d'accalmie dans le Golfe.
ETF à la Une
Amundi met en place deux ETF sur les puces mémoire et les centres de données
- La BFI de Bred Banque Populaire veut tout avoir d’une grande
- Tiré par sa banque d'investissement, BNP Paribas annonce des profits en forte hausse
- Les marchés se préparent à un discours ferme de la BCE
- Les taux français à 10 ans passent la barre des 4%
- Olivier Gavalda succède à Daniel Baal à la Fédération bancaire française
Contenu de nos partenaires
-
SpaceX : premier vol d’essai réussi pour la mégafusée Starship depuis l’entrée en Bourse du groupe
La mégafusée Starship a mené vendredi un vol d'essai réussi, le premier depuis l'introduction en Bourse de SpaceX en juin. Le lanceur doit notamment jouer un rôle central dans le programme lunaire Artémis de la Nasa -
Ukraine : ce que la nomination du général Mykhaïlo Drapaty à la tête de l'armée peut changer
Connu pour son image de réformateur, Mykhaïlo Drapaty, 43 ans, succède à Oleksandr Syrsky à la tête des forces armées ukrainiennes. Une nomination porteuse d'espoir en Ukraine, mais qui s'accompagne d'attentes considérables -
Guerre au Moyen-Orient : Donald Trump menace d'intensifier les frappes contre l'Iran
Donald Trump a menacé dans la nuit de vendredi à samedi d'intensifier les frappes contre l'Iran, après avoir déjà averti vouloir saisir les avoirs iraniens gelés pour indemniser les navires touchés dans le Golfe. Téhéran multiplie les mises en garde, tandis que le conflit s'étend désormais à la mer Rouge