La Banque de France évoque deux ans de perdu pour l’économie
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L'économie française mettra deux ans pour se relever de la récession provoquée par l’épidémie de coronavirus, a estimé mardi la Banque de France. Le PIB de la deuxième économie de la zone euro devrait se contracter de -10,3% cette année, avant de rebondir de +6,9% en 2021, puis de +3,9% en 2022, précise la banque centrale dans ses dernières projections macroéconomiques, qui «reposent sur l’hypothèse que le Covid-19 continuerait de circuler dans les mois à venir mais que la France, affectée comme l’ensemble des économies dans le monde, s’adapterait progressivement».
Dans son scénario central, le PIB retrouverait son niveau de fin 2019 en 2022, et le marché du travail, avec près d’un million d’emplois cette année malgré des mesures d’amortissement qui en auront retardé la détérioration, connaîtrait un taux de chômage à un pic historique de 11,8% mi-2021, avant de diminuer ensuite progressivement au-dessous de 10% fin 2022.
Dans un scénario «sévère» synonyme de maintien de mesures sanitaires fortes, la perte de PIB sur 2020 pourrait être de -16% et le rebond plus faible, à +6% seulement en 2021 et +4% en 2022. Avec le confinement strict mis en place le 17 mars puis progressivement levé après le 11 mai, la Banque de France a estimé la réduction de l’activité à environ -32% pendant la quinzaine de confinement de mars, puis à environ -27% en avril. A fin mai, la perte d’activité serait de l’ordre de -17% au-dessous de ses niveaux normaux et devrait revenir autour de -12% fin juin.
Néanmoins, les semaines de confinement devraient probablement mener à une contraction de -15% au deuxième trimestre par rapport au premier, déjà touché par une réduction de -5,3% du PIB par rapport aux trois derniers mois de 2019.
Cette projection ne prend cependant pas en compte l’impact potentiel du plan global de relance que l’exécutif doit annoncer dans les prochains mois.
Dans une présentation à la presse mardi matin, l’équipe de Michel Martinez, chef économiste euro de SG CIB a retenu un scénario central (sans nouvelles restrictions) à -6,5% de PIB en 2020, +6,8% en 2021, +1,1% en 2022. Des projections meilleures que dans des pays comme l’Italie ou l’Espagne grâce à une économie plus diversifiée et moins dépendantes des secteurs qui, comme le tourisme ou la restauration, vont souffrir des mesures de distanciations sociales.
Le PIB des 19 pays de la zone euro a reculé de -3,6% entre le dernier trimestre 2019 et le premier trimestre 2020, indiquent les chiffres révisés publiés mardi par Eurostat, alors que l’estimation précédente donnait une chute de -3,8%. Sur un an, le PIB a baissé de -3,1%, contre -3,2% estimé auparavant.
La salve de statistiques officielles publiées jeudi a apporté de bonnes nouvelles sur l’évolution générale de l’économie au deuxième trimestre. La Banque centrale européenne (BCE) sera d’autant plus attentive à l’évolution de l’inflation d’ici à sa réunion monétaire du 10 septembre.
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