KKR fait face à une fronde patriotique pour le contrôle du japonais Renesas
Le titre du spécialiste japonais des semi-conducteurs Renesas Electronics a bondi hier de 31,25% à 336 yens en Bourse de Tokyo. Encore cette flambée représentait-elle la limite autorisée au cours de cette séance pendant laquelle l’afflux d’ordres acheteurs a fortement perturbé la cotation. L’euphorie des opérateurs trouve sa source dans des bruits d’intérêts multiples pour la sauvegarde du groupe en restructuration (passant par un plan de 5.000 suppressions de postes).
En effet, alors que des sources concordantes ont évoqué le mois dernier des discussions entre les principaux actionnaires (NEC, Hitachi et Mitsubishi) et KKR, qui pourraient aboutir à une prise de contrôle par la société américaine de private equity moyennant un investissement de 100 milliards de yens (990 millions d’euros), la contre-attaque semble s’organiser.
Et selon diverses sources, relayées notamment par le Nikkei, KKR ne devrait pas lutter contre un concurrent direct issu du capital-investissement ni un industriel concurrent de Renesas, mais contre une coalition unissant les pouvoirs publics japonais et certains des principaux clients du groupe nippon. Cela deux mois après que le fabricant japonais de puces mémoire a convenu de son rachat par l’américain Micron Technology.
L’initiative commune japonaise pourrait être dirigée par Innovation Network Corp of Japan (INCJ), un fonds public-privé mis en œuvre en 2009 pour une durée de quinze ans sous l’égide du ministère de l’Economie, du Commerce et de l’Industrie. Avec pour mot d’ordre de promouvoir l’innovation, la structure regroupe des banques comme Sumitomo ou Bank of Tokyo-Mitsubishi UFJ et des industriels comme Panasonic ou Sharp.
L’offre, qui vise également une participation majoritaire au capital pour un engagement de 150 milliards de yens, impliquerait également les constructeurs automobiles Toyota, Nissan et Honda, friands des microcontrôleurs de Renesas. Une source citée par Reuters met en avant le souhait des industriels de garantir leur chaîne d’approvisionnement, cette source soulignant que cette chaîne «est le moindre des soucis» de KKR, qui «veut juste vendre par compartiments l’entreprise et gagner le plus d’argent possible».
Le Nikkei croit savoir que le consortium japonais pourrait présenter son offre le mois prochain aux actionnaires avec pour objectif d’obtenir le contrôle de la cible d’ici la fin de l’année.
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