Fitch retire aux Etats-Unis leur triple A
Bye-bye le triple A américain. Moins de trois mois après avoir placé le pays sous surveillance, l’agence de notation Fitch a abaissé mardi la note de crédit des Etats-Unis à «AA+", estimant que la gouvernance en matière de fiscalité devrait se détériorer au cours des trois prochaines années et que le fardeau de la dette publique, qui continue de croître, était élevé.
Cette décision intervient alors qu’une loi prévoyant la suspension du plafond de la dette américaine jusqu’au 1er janvier 2025 a été promulguée au mois de juin, écartant ainsi le spectre d’un catastrophique défaut de paiement.
«Selon Fitch, les normes de gouvernance se sont détériorées de manière constante au cours des 20 dernières années, notamment en matière de fiscalité et de dette, et ce, malgré l’accord bipartisan trouvé au mois de juin», a indiqué l’agence dans un communiqué.
Avec cette dégradation, Fitch devient la deuxième grande agence de notation après Standard & Poor’s à retirer aux États-Unis sa note triple A.
Washington renacle
La secrétaire américaine au Trésor, Janet Yellen, a dit qu’elle désapprouvait la décision de Fitch, la considérant comme «arbitraire et établie sur des données obsolètes». Même son de cloche du côté de la Maison Blanche où l’on affirme n’être « pas du tout d’accord avec cette décision ».
«Cela défie la réalité de déclasser les États-Unis à un moment où le président Biden a réalisé la plus forte reprise de toutes les grandes économies du monde», a déclaré l’attachée de presse de la Maison Blanche, Karine Jean-Pierre.
A lire aussi : La notation des dettes souveraines perd de son poids
Bras de fer budgétaire
Le jugement de Fitch sur les conséquences fait suite à la série de bras de fer budgétaire autour de la question du plafond de la dette trouve écho auprès de plusieurs investisseurs. «Cela vous indique essentiellement que les dépenses du gouvernement américain sont un problème», a déclaré Steven Ricchiuto, économiste en chef américain chez Mizuho Securities USA.
«Les États-Unis dans l’ensemble seront considérés comme forts, mais je pense que c’est une petite faille dans notre armure», estime Michael Schulman, directeur des investissements chez Running Point Capital Advisors, pour lequel «c’est une brèche dans la réputation des États-Unis».
Mais cette sanction divise. « Je ne comprends pas comment ils (Fitch) ont des informations pires maintenant qu’avant la résolution de la crise du plafond de la dette », a déclaré Wendy Edelberg, directrice du projet Hamilton à la Brookings Institution à Washington DC.
(Avec Reuters)
A lire aussi : Fitch abaisse la note de la France d'un cran, de AA à AA-
Plus d'articles du même thème
-
L’inflation américaine fait de la résistance
Le taux d’inflation annuel s’est maintenu aux Etats-Unis en juillet pour le 65e mois consécutif bien au-dessus de l’objectif de 2% de la Réserve fédérale (Fed), le taux mensuel remontant même de 0,1% à 0,2% de manière inattendue. Cela ne devrait toutefois pas inciter la Fed à resserrer sa politique monétaire dans l’immédiat. -
Le Canada lance ses contre-mesures aux droits de douane américains
Le pays répond « au dollar près », aux droits de douane imposés par les Etats-Unis le 22 août. Le Canada met aussi en place des mesures de soutien interne. -
Les bons du Trésor américains ne sont pas sortis d’affaire
La mauvaise dynamique sur les taux américains, qui a notamment poussé le rendement des US Treasuries à 30 ans au-delà de 5,30% depuis mi-août, un sommet inédit depuis 2007, ne semble pas prête de s’inverser. Retour sur les principaux facteurs de risques.
ETF à la Une
Les ETF actifs engrangent plus de 89 milliards de dollars de collecte en juillet
- Crédit Agricole Assurances accélère sa diversification et mise sur l’affinitaire
- BNP Paribas déplore les manquements de la justice américaine dans le litige sur son rôle au Soudan
- Un super El Niño mettra à l’épreuve les marchés agricoles et énergétiques mondiaux
- Les émissions d’obligations d'entreprises reprennent de plus belle
- L’arbitrage entame sa mue pour gagner en efficacité
Contenu de nos partenaires
-
OutsidersA Sens, la farandole des « plans B » de la présidentielle
Parce que le jeu n'a jamais paru aussi ouvert que pour 2027, ils sont nombreux, à droite comme à gauche, à rêver de créer la surprise à l'automne -
EXCLUSIF CoulissesCes patrons qui murmurent à l'oreille de Gabriel Attal
Le candidat Renaissance à la présidentielle, qui se revendique « pro-business », s'entoure d'un conseil composé d'une dizaine de chefs d'entreprise -
Un jour, mon fils, tout ceci sera à toiLa taxation de l'héritage, une impasse française
Pour financer la baisse des prélèvements sur le travail, la gauche relance l'idée d'alourdir la taxation des gros héritages, avec des espoirs de rendement probablement surestimés. La droite, elle, reste insensible à l'augmentation du patrimoine hérité et refuse toute hausse de la fiscalité