Elisabeth Borne recourt au 49-3 pour faire passer le budget 2023
La Première ministre Elisabeth Borne a annoncé mercredi qu’elle allait engager la responsabilité de son gouvernement sur le projet de loi de finances (PLF) pour 2023, comme le prévoit l’article 49.3 de la Constitution, conduisant l’opposition de gauche à annoncer le dépôt d’une motion de censure, rapporte Reuters.
Faute de majorité à l’Assemblée nationale, le gouvernement, qui a dénoncé une volonté d’enlisement des débats, de blocage et d’«embolie» de la part des oppositions, avait accordé mercredi dernier à la Première ministre l’autorisation d’utiliser cette procédure qui permet de faire adopter un texte sans vote à moins que l’opposition réussisse à faire adopter une motion de censure.
«Nous avons fait le choix du dialogue (...) nous avons examiné loyalement toutes les propositions (...)», a déclaré la cheffe du gouvernement devant l’Assemblée nationale.
«Bon nombre d’amendements sont encore à examiner tout indique nous ne tiendrons pas les délais prévus (...)», a-t-elle poursuivi.
«Les Français attendent de nous de la cohérence, de l’action et des résultats. Aussi, sur le fondement de l’article 49 alinéa 3 de la Constitution, j’engage la responsabilité de mon gouvernement pour la première partie du projet de loi de finances pour 2023.»
Près de 3.400 amendements ont été déposés sur la seule première partie du PLF 2023, celle des recettes, et l’examen de ce texte, ainsi que celui du projet de loi de programmation des finances publiques pour les années 2023 à 2027, également entamé la semaine dernière, ont fait l’objet de débats houleux dans l’hémicycle.
Des députés quittent l’hémicycle
Sans attendre la fin de l’intervention de la Première ministre, de nombreux parlementaires ont quitté l’hémicycle et la députée LFI Mathilde Pannot a annoncé dans la foulée le dépôt d’une motion de censure.
«Depuis huit jours, ils nous ont traités comme des paillassons. Ils accompagnent leur brutalité d’un mensonge permanent. Nous considérons qu’il s’agit d’une honte pour notre démocratie», a commenté le député communiste André Chassaigne.
Le Rassemblement national a dit son intention de déposer sa propre motion de censure pour dénoncer «le tri fait par le gouvernement dans des amendements votés» par les députés».
«Nous craignons que le texte de la Nupes soit impossible à soutenir», a déclaré Jean-Philippe Tanguy, député de la Somme et vice-président du groupe RN.
Plus d'articles du même thème
-
La nouvelle obligation verte de la France profite de l’accalmie sur les marchés
La France a attiré près de 115 milliards d’euros de demandes pour sa nouvelle souche green bond de 10 milliards échéance 2037. Il s’agit de la première transaction de l’une des quatre grandes économies de la zone euro depuis début mars. -
Moody's s'abstient d'abaisser la note de la France
L’agence de notation a déclaré, pour justifier le statu quo, que le déficit public de 5,1% du PIB en 2025 s’était avéré plus faible que sa prévision de 5,4%. -
Les investisseurs croient à une nouvelle trajectoire politique en Hongrie
Les élections du 12 avril s’apparentent à un choix pour ou contre Viktor Orban. Après 16 ans au pouvoir, le premier ministre hongrois ne parvient plus à stimuler la croissance du pays et n’a plus accès aux fonds européens.
ETF à la Une
Les investisseurs en ETF se détournent des actions européennes
- HSBC va revoir sa politique de télétravail en France d’ici l’été
- La banque Delubac taille dans ses effectifs pour faire face à des difficultés financières
- TotalEnergies annonce la couleur avant ses résultats trimestriels
- Bouygues Telecom, Orange et Iliad engagent une consolidation historique des télécoms
- L'entrée en relation bancaire numérique embarrasse les réseaux traditionnels
Contenu de nos partenaires
-
Voyage voyageBrigitte Macron et la diplomatie des dames
Si l'épouse d'Emmanuel Macron accompagne souvent son mari dans ses déplacements, elle voyage rarement seule en tant que première dame. C'est le cas ce 22 avril, au Maroc -
Think differentTim Cook, le patron d'Apple qui savait tirer les marrons du feu
Après quinze ans à la tête d'Apple, Tim Cook a permis à l'entreprise à la pomme de devenir l'un des acteurs tech les plus valorisés au monde -
Mise au point« Oh my God, on a un problème » : pourquoi Engie parle au RN depuis 2024 et la dissolution
« Oui, j'étais au dîner avec Marine Le Pen », assume la dirigeante d’Engie, Catherine MacGregor, qui considère avoir un rôle à jouer « pour éduquer les décideurs politiques et ne pas laisser se cristalliser des idées délétères pour la France »