Donald Trump choisit la continuité à la Fed avec Jerome Powell
La nomination de Jerome Powell pour succéder à Janet Yellen à la présidence de la banque centrale scelle la poursuite d’un resserrement monétaire prudent.
Publié le
Patrick Aussannaire
Jerome Powell est membre du Board de la Fed depuis six ans.
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Crédit Fed.
La Fed devrait maintenir son cap. En désignant hier soir Jerome Powell comme le nouveau président de la Fed après la fin du mandat de Janet Yellen en février 2018 et en écartant ainsi John Taylor, perçu comme le candidat le plus faucon, Donald Trump a fait le choix de la continuité dans le pilotage de la politique monétaire. Membre du Board depuis 2012, Jerome Powell n’a voté contre aucune décision du FOMC, et souhaite la poursuite de la hausse des taux au rythme suggéré par la moyenne des dots du FOMC, et du processus de réduction de la taille du bilan de la Fed. «S’il n’a pas une formation d’économiste, Jerome Powell a acquis une compréhension aiguë des enjeux monétaires, et est respecté au sein du FOMC dont il maîtrise les processus, ce qui lui permettra de former un consensus», explique UBS.
La perspective de sa nomination, qui devra être confirmée par un vote au Sénat américain, a d’ailleurs peu fait réagir les marchés. Dans ce contexte, l’évolution de l’inflation américaine sera particulièrement suivie par les investisseurs qui «se divisent actuellement en deux camps : ceux croyant à l’accélération de la croissance des salaires, et à une résurrection imminente de la courbe de Phillips, et ceux qui ont abandonné une telle idée et ne voient aucune raison d’espérer une hausse de l’inflation et donc d’anticiper une hausse des rendements», estime SG CIB. Les marchés restent plus prudents que les membres de la Fed en anticipant une hausse de taux de 25 pb à la prochaine réunion du FOMC du 13 décembre, suivie d’un seule autre en 2018.
Jerome Powell hérite d’une situation économique nettement meilleure que celle qui prévalait lors de la prise de fonction de Janet Yellen, avec une croissance du PIB américain qui a accéléré à un rythme de 3% au cours du troisième trimestre, notamment sous l’effet du commerce extérieur. Celui-ci bénéficie d’un dollar nettement plus faible que fin 2016. Cette amélioration devrait être confirmée par les chiffres de l’emploi américain pour octobre, publiés aujourd’hui. Le consensus table sur un rebond du nombre de créations d’emplois non agricoles de 313.000, après le trou d’air de septembre lié aux ouragans, sur la stabilité du taux de chômage à un niveau historiquement bas de 4,2%, mais aussi sur une stagnation du rythme annuel de croissance du taux de salaire horaire à 2,7%.
Le prochain patron de la Reserve fédérale incarne moins une rupture qu’une nostalgie, relève Gilles Moëc, chef économiste d’Axa, celle d’une Fed des années 1990, centrée sur la stabilité des prix, réticente aux bilans hypertrophiés, méfiante envers les outils non conventionnels et attachée à une séparation nette entre politique monétaire et politique budgétaire.
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