Donald Trump choisit la continuité à la Fed avec Jerome Powell
La Fed devrait maintenir son cap. En désignant hier soir Jerome Powell comme le nouveau président de la Fed après la fin du mandat de Janet Yellen en février 2018 et en écartant ainsi John Taylor, perçu comme le candidat le plus faucon, Donald Trump a fait le choix de la continuité dans le pilotage de la politique monétaire. Membre du Board depuis 2012, Jerome Powell n’a voté contre aucune décision du FOMC, et souhaite la poursuite de la hausse des taux au rythme suggéré par la moyenne des dots du FOMC, et du processus de réduction de la taille du bilan de la Fed. «S’il n’a pas une formation d’économiste, Jerome Powell a acquis une compréhension aiguë des enjeux monétaires, et est respecté au sein du FOMC dont il maîtrise les processus, ce qui lui permettra de former un consensus», explique UBS.
La perspective de sa nomination, qui devra être confirmée par un vote au Sénat américain, a d’ailleurs peu fait réagir les marchés. Dans ce contexte, l’évolution de l’inflation américaine sera particulièrement suivie par les investisseurs qui «se divisent actuellement en deux camps : ceux croyant à l’accélération de la croissance des salaires, et à une résurrection imminente de la courbe de Phillips, et ceux qui ont abandonné une telle idée et ne voient aucune raison d’espérer une hausse de l’inflation et donc d’anticiper une hausse des rendements», estime SG CIB. Les marchés restent plus prudents que les membres de la Fed en anticipant une hausse de taux de 25 pb à la prochaine réunion du FOMC du 13 décembre, suivie d’un seule autre en 2018.
Jerome Powell hérite d’une situation économique nettement meilleure que celle qui prévalait lors de la prise de fonction de Janet Yellen, avec une croissance du PIB américain qui a accéléré à un rythme de 3% au cours du troisième trimestre, notamment sous l’effet du commerce extérieur. Celui-ci bénéficie d’un dollar nettement plus faible que fin 2016. Cette amélioration devrait être confirmée par les chiffres de l’emploi américain pour octobre, publiés aujourd’hui. Le consensus table sur un rebond du nombre de créations d’emplois non agricoles de 313.000, après le trou d’air de septembre lié aux ouragans, sur la stabilité du taux de chômage à un niveau historiquement bas de 4,2%, mais aussi sur une stagnation du rythme annuel de croissance du taux de salaire horaire à 2,7%.
Plus d'articles du même thème
-
«Les projections d’inflation militent pour une action incertaine mais limitée sur les taux Fed»
Olivier Guillou, directeur de la gestion chez Ecofi. -
Kevin Warsh a plutôt rassuré les marchés
Le nouveau président de la Fed n’a pas déçu les attentes d’une hausse de taux après son revirement «restrictif» de Jackson Hole. De quoi renforcer sa crédibilité malgré les tweets toujours contradictoires de Donald Trump. Les autres membres du FOMC affichent encore pour la suite une certaine prudence, qui devrait quand même les amener à une hausse de taux supplémentaire jusqu’à 4,25%. -
Les rachats de Scott Bessent se heurtent à la réalité des bons du Trésor américain
Après avoir annoncé le 19 août sa volonté de racheter davantage de bons du Trésor de maturité longue, le secrétaire au Trésor a dû tenter de rassurer après une première opération de ce type plutôt ratée le 10 septembre. Les experts s’attendent à ce que le Trésor supprime ses adjudications sur les titres à 20 ans entre début novembre et début février.
ETF à la Une
Le marché européen des ETF a d’ores et déjà collecté plus qu’en 2025
- La Société Générale aura du mal à contenter tout le monde avec son nouveau plan
- Le plan stratégique de la Société Générale fait la part belle à la réduction des coûts et à la croissance
- Le patron de BoursoBank prend du galon chez la Société Générale
- La Société Générale fait de BoursoBank sa figure de proue
- Emporté par le digital, Wakam fait une sortie de route
Contenu de nos partenaires
-
Nouvelle starDonald Trump et le mythe du faucon anti-Chine
Donald Trump reçoit cette semaine Xi Jinping avec un faste inédit qui en dit long sur le vrai visage du président américain face à la Chine : un pragmatique cherchant à stabiliser la relation, faute d'avoir les moyens de la contrôler -
Face à faceRachida Dati à son procès : « Je ne suis pas une ingénieure, mais pas une dilettante »
L'ancienne ministre s'est affrontée avec le procureur du PNF qui soutient qu'elle a fait du lobbying pour Renault-Nissan au Parlement européen -
Le péril jeuneEmploi des jeunes : les réformes inachevées
Malgré les réformes de l'apprentissage et des lycées pro, le chômage des jeunes repart à la hausse, le nombre de décrocheurs aussi. Economistes et partenaires sociaux tirent la sonnette d'alarme, les candidats pour 2027 restent absents