Dexia reste suspendue à la revue des actifs et aux prêts toxiques
Cinq ans après sa quasi-faillite, Dexia sent toujours le soufre. Mercredi soir, la banque franco-belge annonçait une révision des salaires de ses dirigeants pour étouffer la polémique née de hausses jugées indécentes. La publication hier d’une perte nette annuelle de 1,08 milliard d’euros, réduite des deux tiers par rapport à 2012, montre aussi que l’incendie n’est toujours pas éteint.
Les apparences sont pourtant flatteuses. L’ancien leader mondial des prêts aux collectivités a finalisé la plupart de ses cessions d’actifs, même s’il garde ses filiales italienne, espagnole et israélienne. Toujours fragile, sa situation de liquidité s’est améliorée grâce à de nouvelles émissions garanties, à moindre coût, par les Etats. Son bilan a quant à lui fondu de 37% l’an dernier, à 223,4 milliards d’euros, loin des 650 milliards de fin 2008. Enfin «la valorisation des titres comptabilisés en AFS (actifs disponibles à la vente, ndlr) a continué d’augmenter, d’où une nouvelle hausse des fonds propres à 3,9 milliards d’euros, soit 1,7% du bilan, souligne Dominique Daridan, analyste chez Aurel ETC Pollak, qui souligne le «très bon» ratio de fonds propres durs: 16,1% en normes CRD 4 (Bâle 3).
La revue de la qualité des actifs, menée cette année par la Banque centrale européenne, pourrait néanmoins réserver de mauvaises surprises. «L’évaluation des prêts toxiques à des collectivités locales, tout comme les risques portoricains (en partie provisionnés, ndlr) sont des éléments nouveaux par rapport à la revue effectuée par la Commission européenne en 2012», pointe l’analyste qui recommande de «vendre la dette subordonnée émise par Dexia». La banque avait réussi les stress tests de 2011 avant d’être de nouveau recapitalisée, victime de la crise grecque.
En 2013, après le transfert de l’essentiel de ses prêts toxiques à la Sfil, la nouvelle banque publique des collectivités françaises, Dexia a réduit de 22% ses encours sensibles résiduels (inférieurs à 1,5 milliard d’euros à fin décembre). Mais le groupe restait assigné par 219 clients, à fin décembre. Le coût des litiges demeure inconnu, dans l’attente de la parution du décret instaurant un fonds de soutien aux collectivités prévu par la loi de Finances.
En parallèle, la nouvelle mouture de la loi de validation des crédits sans taux effectif global est toujours dans les limbes. Cette mesure favorable aux banques a été retoquée en décembre par le Conseil constitutionnel.
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