Deutsche Börse relance la bataille des synergies face à Nasdaq/ICE
Comme l’a récemment fait Nyse Euronext, Deutsche Börse a réitéré son accord de fusion avec son partenaire transatlantique. Hier, les conseils de surveillance et d’administration de l’opérateur boursier allemand ont recommandé à ses actionnaires d’accepter l’offre faite le 4 mai par la holding néerlandaise Alpha Beta et qui prendra fin le 13 juillet. Celle-ci prévoit d’échanger une action de la nouvelle société holding contre une action Deutsche Börse et un ratio de 0,47 par action Nyse Euronext.
Lors de son assemblée générale annuelle jeudi à Francfort, le président de Deutsche Börse, Reto Francioni, a fait le point sur l’avancement du plan d’intégration. Rappelant le relèvement de 100 millions d’euros à 400 millions d’euros par an des prévisions d’économies de coûts dévoilé récemment par Nyse Euronext, le dirigeant a aussi annoncé une hausse de 50 millions des synergies de revenus, qui passent à 150 millions, et dont le tiers devrait provenir du clearing.
Selon lui, une partie de ce potentiel additionnel d’activité viendra de l’introduction progressive des capacités de compensation de Deutsche Börse au sein du groupe. La combinaison des marchés actions et dérivés offrirait, elle, des paniers de liquidités. L’opérateur compte étendre son portefeuille de marques (Deutsche Börse, Nyse Euronext, Eurex, Liffe, Clearstream, Stoxx) et créer de nouveaux produits et services.
D’après Reto Francioni, ces synergies atteignables ont été vérifiées par les deux groupes. Un argument face à la contre-offre de Nasdaq OMX et ICE, dont les estimations ne s’appuient pas sur des due diligences. Et au vu de la base de coût des sociétés, les synergies de l’offre concurrente sont, pour le président de Deustche Börse, bien au-dessus de ce qui est pratiqué dans le secteur. «Les synergies avancées par Nasdaq OMX pour l’Europe représenteraient 69% de nos coûts actuels», dit-on chez Nyse Euronext.
Le risque de dégradation en catégorie spéculative du Nasdaq OMX en cas de fusion avec Nyse Euronext et l’absence de potentiel de croissance et de distribution de dividendes aux actionnaires ont fait partie hier des risques évoqués par Reto Francioni. Dans le cas de la fusion amicale, si les synergies de coûts et de revenus prenaient effet à la fin de la troisième année suivant la conclusion du rapprochement, cela offrirait un potentiel de hausse de plus de 30% du dividende.
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