Deutsche Börse prend les pleines commandes d’Eurex
Alors que le patron d’ICE, Jeff Sprecher, se dit toujours intéressé par un rachat du Liffe, la filiale européenne de dérivés de Nyse Euronext, Deutsche Börse renforce son emprise sur Eurex. L’opérateur boursier allemand a fait part hier du rachat des 50% détenus par son partenaire suisse Six Group. Le groupe de Francfort va verser 295 millions d’euros en numéraire et autant en titres issus de l’entité née de son rapprochement prévu avec Nyse Euronext. Cette opération, dont la finalisation dépendra de l’avancée du projet de fusion, va lui permettre de tirer tous les bénéfices de la croissance du numéro un européen des dérivés.
«Le contrat avec Deutsche Börse arrivant à expiration en 2014, un accord aurait dû être trouvé sur la scission de la coentreprise; de plus, la fusion prévue de Deutsche Börse et Nyse Euronext change la donne», justifie Six Group. L’opérateur suisse disposait d’une participation de 50% au capital mais seulement de 15% au résultat financier. Dans un communiqué, il reconnaît d’ailleurs que cette participation a perdu sa vocation «entrepreneuriale» pour devenir «financière». «Le groupe envisage l’avenir sous l’angle de la fourniture d’une infrastucture autonome de premier ordre à la place financière suisse et de la mise en œuvre systématique de sa stratégie d’internationalisation à l'échelle européenne», anticipe Six Group. D’après le vendeur, les autres coopérations poursuivies avec Deutsche Börse ne sont pas affectées. Elles concernent en particulier la Bourse des produits structurés Coach et le fournisseur d’indices Stoxx.
Deutsche Börse, dont le projet d’union avec Nyse Euronext implique pour scénario central une fusion d’Eurex et du Liffe, résout ainsi l’un des problèmes sur la voie de l’intégration. Mais il en reste d’autres, qu’il s’agisse de la question de la compensation ou du risque de veto réglementaire. Pour autant, les deux partenaires restent déterminés à célébrer leur mariage. Ils ont par ailleurs proposé hier soir un dividende spécial de 620 millions d’euros à leurs actionnaires. Ce dividende de deux euros par action sera versé peu après la conclusion de l’accord. Le projet devra être approuvé à la majorité simple par les actionnaires de Nyse Euronext, qui voteront le 7 juillet, et souscrit à 75% par ceux de Deutsche Börse.
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