CVC abandonne le groupe australien Nine Entertainment à ses créanciers
CVC Capital Partners (CVC) voit partir en fumée son investissement dans Nine Entertainment. Alors qu’il avait investi en fonds propres quelque 2 milliards de dollars australiens (1,6 milliard d’euros) entre 2006 et 2008 dans le groupe de médias australien, le fonds a été contraint de le laisser aux mains de ses créanciers, en vue d’éviter une mise sous tutelle. CVC accuse la plus importante perte jamais réalisée par un fonds de capital investissement en Asie.
Les prêteurs senior, composés principalement d’Apollo Global Management et Oaktree Capital, prendront 95,5% du groupe de médias suite à un échange de dette contre actions d’un montant de 2,3 milliards de dollars australiens (dollars). Les prêteurs mezzanine, emmenés par Goldman Sachs, s’octroieront le solde du capital, à savoir 4,5%. CVC conservera une petite part du groupe, via la conversion de dette mezzanine en titres.
Dans le sillage des termes de cette restructuration, Nine Entertainment voit sa valorisation chuter de 60% à 2,3 milliards de dollars, contre 5,7 milliards de dollars lors de sa reprise par CVC. L’opération, qui laisse Nine Entertainment exempte de dette, sera examinée par les régulateurs fin novembre et devrait être mise en place au cours des trois mois suivants.
«Les termes principaux de la recapitalisation ont été approuvés sur le principe. Mais un nombre important de points restent à finaliser», a indiqué une source proche du dossier à la presse australienne. Les prêteurs mezzanine devraient être les premiers à être payés. «Les hedge funds sont désormais les acteurs à risque», souligne un analyste.
«Les hedge funds vont devoir attendre une reprise du secteur de la publicité pour vendre», relève un autre analyste. Les fonds, qui devront mettre en place des réductions de coûts, pourraient ainsi être obligés d’attendre deux à trois ans pour réaliser une cotation ou une cession, selon plusieurs analystes. Selon une source proche du dossier citée par Bloomberg, des acquéreurs potentiels, à l’image de TPG, regarderaient le dossier.
CVC n’est pas le seul à s’être cassé les dents sur le groupe de médias. En 1987, l’investisseur Alan Bond avait repris pour un milliard de dollars le groupe détenu par l’homme d’affaires australien Kerry Packer. Ce dernier lui a racheté Nine pour 250 millions de dollars trois ans plus tard.
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