Commerzbank vise 150 millions d’euros de revenus avec ses clients français en 2014
Avec 85 salariés à Paris, Commerzbank est trois fois plus petit que Deutsche Bank. Mais la deuxième banque allemande est loin d’avoir déserté le marché français, comme l’ont fait certaines Landesbanken. Elle entend même doubler, d’ici à 2014, les 75 millions d’euros de revenus générés en 2010 par ses 80 clients français, tant localement qu’à l’international. «Cette année nous allons atteindre les 100 millions d’euros», estime David Arlettaz, directeur général pour la France.
Pour y parvenir, la banque compte s’ouvrir à davantage de grands groupes français, mais aussi mieux équiper ses clients actuels. Elle veut mettre l’accent sur les opérations de haut de bilan, même si «nous sommes d’abord une banque commerciale, ensuite une banque d’investissement», rappelle David Arlettaz. L’an dernier, Commerzbank a participé pour la première fois à des émissions obligataires en France, pour le compte d’Alstom, PPR, Peugeot et Renault. La vingtaine de banquiers seniors et chargés d’affaires basés à Paris peuvent s’appuyer sur les compétences de corporate finance (émissions primaires et fusions-acquisitions) des équipes de Londres, renforcées par l’acquisition de Dresdner en 2008. En France cependant, il reste seulement une personne sur la quarantaine employée par l’ex-filiale d’Allianz avant son absorption par Commerzbank.
L’antenne parisienne veut aussi continuer à financer le développement de ses clients locaux en Allemagne, le premier partenaire économique de l’Hexagone. Sur les prêts syndiqués, «nous sommes derrière les quatre grandes banques françaises et HSBC, mais sommes l’une des banques étrangères les plus importantes», assure David Arlettaz.
La gestion de trésorerie et le financement export, qui constituent le troisième volet de l’offre, sont proposés à la fois aux clients français et allemands. Implantée à Paris depuis 1976, Commerzbank accompagne aujourd’hui 500 entreprises d’outre-Rhin dans leurs activités en France.
La banque dispose enfin d’une salle de marchés locale qui vend des dérivés actions à certains corporates et, surtout, aux institutions financières. Sur ce segment de clientèle, «nous recherchons une petite équipe de deux ou trois personnes pour nous positionner sur les émissions de covered bonds (obligations sécurisées, NDLR) et de capital hybride», annonce Roman Schmidt, responsable mondial du corporate finance chez Commerzbank.
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