Comment se comportent les actions et les bénéfices américains pendant une récession
Le ralentissement de l’inflation constaté aux Etats-Unis fin 2022 a amélioré l’humeur des investisseurs. Ils s’attendent désormais à ce que la Réserve fédérale (Fed) ralentisse le rythme de ses hausses de taux d’intérêt. Il semble pourtant prématuré de se réjouir autant alors que se profile une possible récession aux Etats-Unis, sous l’effet, justement, du resserrement de la politique de la Fed engagé en mars 2022 pour contenir la hausse des prix. L’histoire montre qu’il est inhabituel que le S&P 500 atteigne son plus bas niveau avant même le début de la récession. Cela fait donc craindre que la reprise des marchés depuis octobre ne prépare le terrain à une nouvelle phase de baisse.
Depuis les années 1920, en moyenne, le marché boursier américain met environ cinq à huit mois pour trouver un plancher après le début d’une récession et il a tendance à toucher le fond cinq mois avant la fin de la crise. Plus la récession est longue, plus le redémarrage de l’indice prend du temps.
En parallèle, les investisseurs ne doivent pas attendre le creux de la vague des bénéfices pour revenir sur le marché. Le niveau des bénéfices a généralement atteint un plancher après la fin de la récession et huit à neuf mois après le creux du S&P 500. Le marché n’attend donc pas le creux des bénéfices pour commencer à rebondir. Ce redressement est dû à la combinaison de valorisations bon marché des actions, qui attirent les investisseurs, des attentes de reprise de l'économie et des bénéfices. La revalorisation du marché est fortement liée à la réduction attendue des taux d’intérêt de la banque centrale pendant la récession.
Si l’histoire sert de guide, les actions américaines peuvent encore se dévaloriser. Le ratio cours sur bénéfices (PE) actuel (à 21.3 sur les 12 derniers mois, selon Refinitiv, au 2 décembre 2022) s’établit à un niveau plus élevé que ceux observés pendant les récessions passées, au cours desquelles son plus bas s’établissait en moyenne aux alentours de 13. Les investisseurs ne doivent donc pas être complaisants aujourd’hui vis-à-vis du risque de baisse du marché associé à une probable récession. Celui-ci est d’autant plus grand si l’inflation se révèle plus persistante qu’attendu et si la Fed n’assouplit pas sa politique comme prévu pendant la récession.
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