Ces entreprises qui s’imposent un prix du carbone interne
Avec le feu vert du Parlement européen à la ratification de l’accord de Paris sur le climat, le 4 octobre, les conditions de mise en œuvre du texte de la COP21 de décembre 2015 sont désormais remplies. S’il rapproche la Communauté internationale d’un monde moins émetteur de gaz à effet de serre (GES), cet accord n’en laisse pas moins en friche la question clé du prix du carbone. Ce prix passe pour être l’instrument privilégié de la transition vers une économie moins polluante. Mais cette lacune n’est toutefois pas synonyme d’inaction.
A défaut d’être soumis au système européen de régulation des émissions de GES (EUETS), qui incite certains secteurs (industrie, énergie) à décarboner leur production, de nombreux grands groupes ont introduit dans leur gestion interne, en guise d’ersatz, un prix du carbone « maison ». Cette tarification, qui fait office d’outil comptable et parfois de gestion du risque, impose de nouvelles pratiques dans la gestion au quotidien des groupes et de leurs collaborateurs. L’objectif reste, bien sûr, de limiter les dérèglements climatiques.
517 entreprises dans le monde ont déjà choisi de se doter d’un prix du carbone interne (19% de plus qu’en 2015) et 732 prévoient d’en introduire un d’ici à 2018, constate CDP, une association d’actionnaires chargée d’évaluer les performances environnementales des entreprises. Les groupes « voient dans le prix du carbone (interne) un moyen de de protéger leur business model et se préparer à une future contrainte sur leurs émissions », explique le rapport du CDP, « Embedding a carbon price into business strategy ».
En France, 56 sociétés se sont munis d’un prix du carbone (124 au Royaume-Uni). Parmi elles, Veolia, EDF, Saint Gobain, Danone, Suez, Engie, Bouygues, BNP Paribas ou encore la Société Générale, l’une des banques pionnières en la matière, selon CDP. « Grâce au prix du carbone que nous avons introduit dans la gestion interne de notre banque, nos émissions de gaz à effet de serre ont été réduites de 3,3% en 2016, soit une diminution de 11000 tonnes de GES », explique Emmanuel Martinez, directeur de l’environnement du groupe au sein de la direction RSE et développement durable. Dans le même temps, la consommation énergétique a été réduite de 6,8% l’an, soit 58 Gigawatts.
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