BNP Paribas étend sa toile en Europe en reprenant les structurés de RBS
En négociations exclusives depuis l’automne, BNP Paribas et RBS ont annoncé hier la reprise, par la banque française, des portefeuilles de structurés et dérivés actions grand public de la banque britannique. Soumise à l’approbation des autorités de la concurrence, l’opération devrait s'étaler jusqu’en 2015 et porter sur un total de 15 milliards de livres (18,2 milliards d’euros).
RBS conserve ses dérivés réservés aux institutionnels mais se déleste de ses structurés et dérivés actions destinés aux investisseurs particuliers. «Il s’agit à 65% de produits listés», précise une porte-parole de la banque britannique. Pour BNP Paribas, «l’impact en RWA (actifs pondérés du risque, ndlr), donc sur la value at risk du métier et le capital consommé, sera marginal, assure Nicolas Marque, responsable mondial des structurés actions de la banque française. Sur 6 milliards de livres, principalement des produits de taux listés en Italie, nous ferons uniquement du market making (tenue de marché) car RBS conservera les risques de marché. Pour le reste, nous récupérerons des portefeuilles déjà hedgés et dont nous gérerons la couverture ».
Grâce à cette opération, «nous allons développer de nouvelles franchises commerciales entre autres au Royaume-Uni, aux Pays-Bas et en Allemagne, annonce le responsable de BNP Paribas. Au-delà de la gestion d’environ 10.000 produits listés de RBS, nous comptons proposer sur ces marchés de nouveaux warrants, turbos et certificats sous marque BNP Paribas». L’équipe de produits listés, basée à Paris, mise notamment sur les débouchés offerts par Euronext Amsterdam. Elle fabrique déjà des dérivés standardisés cotés en France, où BNP Paribas revendique 20% de parts de marché, en Allemagne (10%) et en Suède.
L’opération RBS ne se limite donc pas à la gestion de portefeuilles en extinction, comme lors de la reprise des 12,5 milliards d’euros de dérivés actions de Crédit Agricole CIB au 1er janvier, après celle d’un portefeuille d’un milliard d’euros de Macquarie en 2012. Cela dit, «nous n’avons pas besoin de renforcer notre infrastructure actuelle pour gérer les produits de RBS», affirme Nicolas Marque.
Selon une source proche, BNP Paribas se serait pas en discussions avec Rabobank qui a annoncé son retrait des dérivés actions. En revanche, «le groupe s’intéresse aux dérivés de taux d’UBS mais ne pourrait en reprendre seul la gestion compte tenu de leur volume», indique une source externe.
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