BlackRock inaugure une nouvelle stratégie en infrastructure «verte»
Les ambitions de BlackRock en matière de transition énergétique prennent une nouvelle ampleur. Le gérant américain vient en effet d’inaugurer une nouvelle stratégie perpétuelle d’infrastructure dans l’optique de soutenir des véhicules d’investissement à capital permanent. Leurs objectifs ? Investir dans les thématiques de la transition et de la sécurité énergétique. « Initialement, la décarbonisation était focalisée sur la production d’électricité. Mais aujourd’hui, tous les secteurs sont concernés et les investisseurs s’intéressent aux transports durables, à l’économie circulaire et au digital », souligne Grégory Benhamou, responsable de la plateforme Actifs alternatifs de BlackRock pour la France, la Belgique, le Luxembourg et Monaco.
Infrastructures numériques et collectives, technologies de numérisation des réseaux, systèmes de stockage d’énergie par batterie, fournisseurs d’électricité, acteurs d’infrastructures d’énergies renouvelables, transport de gaz naturel liquéfié… le champ des possibles en matière d’investissement se voudra volontairement large. « Jamais les investisseurs n’ont été aussi demandeurs de solutions d’investissement en infrastructure. Cette classe d’actifs répond à des problématiques de rendement stables et relativement élevés, de protection contre l’inflation, de diversification de portefeuilles, mais aussi et de plus en plus à un besoin d’impact positif », souligne Grégory Benhamou, responsable de la plateforme Actifs alternatifs de BlackRock pour la France, la Belgique, le Luxembourg et Monaco.
Une stratégie d’abord européenne
A ce jour, l’activité infrastructure du gérant américain représente près de 40 milliards de dollars sous gestion (sur un total de 330 milliards dans les alternatifs), dont 10 milliards sur le seul angle du renouvelable. Jusqu’à présent positionné dans les « infrastructures diversifiées » (9 milliards de dollars sous gestion) et dans les « infrastructures climatiques », avec les fonds Global Renewable Power Fund, il s’appuiera donc désormais sur un troisième pilier faisant la part belle aux actifs résilients, mâtures et générateur de cash sur le long terme. Particularité : plus de la moitié de cette stratégie sera initialement allouée au Vieux Continent, avant d’opérer une diversification à l’échelle mondiale au cours des prochaines décennies. « Outre le financement de la transition à long terme, la question de la sécurité énergétique se pose à court terme, notamment en Europe à la suite des chocs énergétiques causés par la guerre en Ukraine», estime le gérant. Selon le BlackRock Investment Institue, le remplacement progressif de l’énergie russe accélérera la transition énergétique nette zéro du continent sur le long terme.
Le premier investissement de BlackRock dans les énergies renouvelables pour le compte de ses clients était un projet éolien en Europe en 2012. Depuis, les initiatives se sont multipliées. Il s’est récemment associé aux gouvernements français, allemand et japonais, ainsi qu’à plusieurs investisseurs institutionnels et des fondations pour créer le «Climate Finance Partnership», un véhicule de financement mixte de 673 millions de dollars dédié aux infrastructures climatiques dans les marchés émergents. L’an dernier, il a aussi été à l’origine d’un partenariat avec le fonds souverain singapourien Temasek, axé sur le capital-risque et le capital-développement dans le domaine des solutions de décarbonisation.
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