BlackRock crée sa propre activité d’investissement en private equity
Alors qu’il a tout récemment mis un terme à sa longue relation capitalistique avec Bank of America (BoA), en rachetant la totalité des actions détenues par l’établissement américain, BlackRock vient d’embaucher les trois anciens fondateurs de Merrill Lynch Global Private Equity, filiale de capital-investissement devenue BAML Capital Partners avec l’acquisition de Merrill Lynch par BoA.
George Bitar, Mandaki Puri et Nathan Thorne ont été chargés de former une équipe d’une vingtaine de professionnels d’ici à l’année prochaine, qui investiront directement dans des sociétés. Jusqu’à présent, BlackRock exerçait une activité indirecte dans le private equity, en investissant dans des fonds de fonds à travers sa division de gestion alternative BlackRock Alternative Investors (BAI). Celle-ci gère 115,3 milliards de dollars.
Il s’agit de faire fonctionner les synergies avec les activités traditionnelles du leader mondial de la gestion, qui gérait un total de 3.650 milliards de dollars au 31 mars 2011. Les trois responsables de la nouvelle plate-forme «s’assureront de la bonne connexion entre leur équipe et nos 1.500 professionnels de l’investissement, qui lui apporteront leurs connaissances dans les secteurs, les entreprises et leurs dirigeants», indique le communiqué.
BlackRock ne le dit pas, mais une telle initiative peut être également interprétée comme une sanction envers certains fonds de private equity, dont les pratiques pendant la bulle et la crise financières (concernant les frais de gestion, ou le respect des stratégies de gestion par exemple) ont choqué beaucoup d’investisseurs institutionnels, ou dont les fonds n’ont simplement pas atteint les rendements escomptés. Considérant leur expertise dans à peu près tous les domaines, les dirigeants de BlackRock ont pu considérer qu’ils avaient la capacité et tout intérêt à exercer l’activité de capital-investissement directe eux-mêmes. Le gérant ne donne toutefois pas de détails sur une éventuelle levée de fonds.
Les trois responsables de cette nouvelle activité avaient quitté Bank of America entre 2009 et 2010, alors qu’il devenait de plus en plus évident que le private equity n’entrait plus dans ses plans au regard de l’évolution de la réglementation bancaire américaine et internationale. C’est pourquoi la banque a décidé, en avril, de se séparer de BAML Capital Partners.
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