Biodiversité: la COP15 accouche d’un accord historique
Après quatre ans de discussions, plus de 190 Etats ont trouvé ce lundi un accord pour la préservation de la biodiversité lors de la COP 15 sous présidence chinoise. Le ministre chinois de l’Ecologie, Huang Runqiu, a donné le coup de marteau final de la 15ème conférence mondiale sous l'égide de l’Onu qui se tenait à Montreal depuis le 7 décembre, et proclamé l’adoption d’un projet d’accord.
Cet accord dit de « Kunming-Montréal » vise à protéger les terres, les océans et les espèces vivantes des dégâts de la pollution et de la crise climatique. Sa mesure phare consiste à créer des aires protégées sur 30% de la surface de la planète d’ici à 2030, alors que 17% des terres et 8% des mers sont à ce jour protégées. Cette mesure est présentée comme l'équivalent, pour la biodiversité, de l’objectif de Paris de limiter le réchauffement climatique à 1,5 degrés.
200 milliards de financements par an
La question des ressources financières a été très débattue. L’ensemble des acteurs publics et privés, nationaux et internationaux, devront débloquer 200 milliards de dollars (187 milliards d’euros) par an en faveur de la biodiversité. Il s’agit du double des montants actuels. Il faudra aussi réduire les subventions aux industries qui pénalisent la biodiversité, à hauteur de 500 milliards de dollars par an d’ici à 2030: une gageure, compte tenu de la place des subventions agricoles dans ce total et du rôle joué par la ruralité dans de nombreux pays comme l’Inde.
Le texte soutient aussi les peuples autochtones, gardiens de 80 % de la biodiversité subsistante sur Terre. Il propose de restaurer 30 % des terres dégradées et de réduire de moitié le risque lié aux pesticides. Enfin, l’accord propose d’atteindre « au moins 20 milliards de dollars » d’aide internationale annuelle en faveur des pays en développement pour la biodiversité d’ici 2025 et « au moins 30 milliards d’ici 2030 ».
Les discussions avec les pays du Sud, notamment plusieurs pays africains, ont été sources de tensions. La République démocratique du Congo s’est ainsi désolidarisée de l’accord, notamment pour protester contre les actions du Rwanda dans l’Est du pays.
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