Bercy promet de renouer avec le pacte de stabilité
Paris a maintenu hier son objectif de déficit public et assure que les nouvelles mesures annoncées ces derniers mois seront financées. Comme il s’y était engagé au printemps, le gouvernement affirme qu’il va ramener le déficit de 3,3% du PIB cette année à 2,7% en 2017, soit dans les clous du pacte de stabilité et de croissance. Ces chiffres se basent sur une hypothèse de croissance, elle aussi inchangée, de 1,5% cette année et l’année prochaine. «L’issue du référendum britannique a créé un climat d’incertitude qui pèse sur l’environnement international de la France», a justifié hier Michel Sapin, le ministre de l’Economie et des Finances.
La France, qui devait déjà dégager 5 milliards d’euros au printemps, devra faire 9 milliards d’efforts supplémentaires pour compenser les dépenses et cadeaux fiscaux annoncés dernièrement. Parmi eux figurent notamment la baisse de l’impôt sur le revenu (1 milliard d’euros) ou la nouvelle convention passée avec les médecins généralistes. Le gouvernement s’est également engagé en juin dernier à demander moins d’efforts aux collectivités locales (1,2 milliard). Les mesures en faveur de la jeunesse, de l’éducation, de l’emploi et de la sécurité doivent quant à elles se traduire par des dépenses complémentaires de 5,7 milliards d’euros.
Afin de respecter ses engagements, le gouvernement a d’ores et déjà annoncé une réorientation du pacte de responsabilité. Plutôt que d’aller jusqu’au bout de la disparition de la C3S (contribution sociale de solidarité des sociétés) et d’engager une baisse générale de l’impôt sur les sociétés (IS), il a décidé d’augmenter le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) et de mettre en place une baisse de l’IS ciblée sur les PME.
L’exécutif table par ailleurs sur une hausse des produits issus de la lutte contre la fraude fiscale (1,9 milliard d’euros) et a revu à la baisse la charge d’intérêt de la dette (qui doit atteindre 96% du PIB) compte tenu de la faiblesse des taux (1,2 milliard d’euros). Il estime que les collectivités locales devraient ralentir leurs dépenses de fonctionnement de 1 milliard d’euros du fait de la faible inflation et demande aux administrations de sécurité sociale un effort d’économies complémentaires de 1,5 milliard d’euros. Le reste devrait être notamment financé par des mesures diverses (1,3 milliard d’euros) qui seront détaillées lors de la présentation du budget le 28 septembre prochain.
Plus d'articles du même thème
-
La croissance française devrait être encore revue à la baisse
Le gouverneur de la Banque de France a évoqué une légère révision à la baisse des prévisions de croissance alors qu’elles ont déjà été réduites à 0,4% pour 2026. L’ombre d’une récession plane alors que le gouvernement s'use dans les débats sur le budget 2027. -
L’Italie veut instaurer l'exit tax pour retenir les millionnaires
Calquée sur le modèle français avec quelques nuances, la proposition de taxe concerne les titulaires d’un patrimoine financier supérieur à 800.000 euros qui seraient tentés par un départ de la Botte. -
Réductions de capital avec rachat de titres : l’étau fiscal se resserre
Longtemps traitées avec une relative neutralité fiscale, les réductions de capital font l'objet d'un durcissement fiscal progressif, analysent dans une tribune pour l'Agefi Christine Daric, associée, et Thomas Poiret, counsel, chez BCLP.
ETF à la Une
Près d’un quart de la collecte d'octobre sur les ETF en Europe s’est dirigé vers les actifs américains
- Crédit Mutuel Arkéa avoue être victime d'une cyberattaque historique
- Jean-Pierre Thomas (TVI) : «Il n’y a pas de dossier Thomas Vendôme Investment mais un dossier Malakoff Humanis»
- La Société Générale supprime des postes dans sa banque de détail et ses services titres
- Les gérants confirment leur confiance dans les marchés actions américains
- Pour les banques françaises, la défaite de Donald Trump éclipse une décision de Fitch
Contenu de nos partenaires
-
Immobilier : la baisse des prix ne suffit pas à compenser la hausse des taux
L'envie d’acheter n’a pas disparu. Pourtant, accéder à la propriété semble aujourd’hui plus difficile que pour les générations précédentes. Qu’attendre du marché immobilier, que vous soyez acheteur ou vendeur ? -
Tribune libreOlivier Babeau et Jean-Claude Bourrelier : « Le travail doit à nouveau payer »
Ne demandons pas aux Français de travailler davantage pour gagner peu. Pour redresser la France, commençons par une évidence : que le travail paie de nouveau -
Seine colèreQuand François Bayrou a fait le forcing pour occuper un hôtel particulier aux Invalides
Nommé en 2020 à la tête du Haut-Commissariat au Plan, le centriste, qui a toujours alerté sur les dangers de la dette et des déficits publics, a fait stopper la vente d'un hôtel particulier parisien par l'Etat pour s'offrir des salons d'apparat