Airbnb anticipe la reprise du tourisme avec sa mise en Bourse
Dans un secteur touristique déprimé, l’introduction en Bourse d’Airbnb sur le Nasdaq le mois prochain paraît à première vue surprenante. Le prospectus de l’opération transmis lundi soir au gendarme boursier américain (SEC) fait état d’une levée de fonds d’un milliard de dollars (840 millions d’euros) mais ce montant est susceptible de varier au cours du processus de cotation. Morgan Stanley et Goldman Sachs coordonneront l’IPO qui fera intervenir 35 établissements bancaires. Jusqu’à présent, Airbnb a levé au total environ 6,4 milliards de dollars auprès de fonds de private equity. Si le groupe visait une capitalisation boursière de 30 milliards de dollars avant la pandémie, certains analystes valorisent désormais la société autour de 20 milliards.
Depuis sa création en 2008 à San Francisco, la plate-forme de location de logements entre particuliers a déjà servi plus de 825 millions de clients dans 220 pays et elle dispose de 4 millions d’hôtes. Lors du premier confinement, son activité a brutalement chuté des deux tiers mais elle a fait preuve d’une grande réactivité en diminuant immédiatement ses dépenses marketing de moitié et ses effectifs d’un quart. Le rebond des réservations durant l’été lui a ainsi permis d’afficher un bénéfice net de 219 millions de dollars au troisième trimestre 2020.
Contrairement aux hôteliers qui ont des charges de personnel élevées et doivent entretenir leurs infrastructures, son statut d’intermédiaire devrait lui permettre de tirer plus rapidement parti d’une reprise de l’activité touristique. A cela s’ajoute le développement du télétravail qui favorise le système de location saisonnière. «Nous pensons que les frontières entre les voyages et les lieux de vie s’estompent et que la pandémie a accéléré la capacité des gens à organiser leur vie en tous lieux», avance Airbnb.
Sur les neuf premiers mois de 2020, la plate-forme a enregistré un résultat négatif de 697 millions de dollars pour un chiffre d’affaires 2,5 milliards. L’an dernier à la même époque, sa perte nette s’élevait à 322 millions de dollars pour un chiffre d’affaires supérieur de moitié. Hormis les incertitudes liées à la crise sanitaire, l’entreprise souligne d’ailleurs qu’elle a une faible visibilité sur sa rentabilité à moyen terme. Elle opère «sur un marché très concurrentiel» et fait face à «des contraintes réglementaires grandissante dans les grandes métropoles où elle est implantée». A fin septembre 2020, sa trésorerie s’élevait à 4,5 milliards de dollars.
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