Advent attend le feu vert pour son accord avec les créanciers de Gérard Darel
Le tribunal de commerce de Paris rendra son jugement ce lundi. Principal actionnaire de Gérard Darel, Advent a présenté jeudi dernier son plan de restructuration de la dette de l’enseigne de prêt-à-porter. Le fonds d’investissement et les créanciers sont parvenus à un accord pour un rééchelonnement des financements mis en place lors du LBO de 2008.
«Il n’y a pas d’abandon de créances, mais les échéances de la dette senior sont repoussées jusqu’en 2017, celles de la mezzanine jusqu’en 2018», assure une source proche du dossier.
Les lignes seniors couraient initialement jusqu’à août 2015 et août 2016, mais un réaménagement était nécessaire depuis que la société a brisé ses covenants (clauses financières) fin 2012 en ne respectant plus ses objectifs d’Ebidta. Son chiffre d’affaires atteignait alors plus de 210 millions d’euros, avant de refluer autour de 200 millions l’an dernier. Le budget 2014 prévoit des ventes stables.
Parmi la dizaine de créanciers figurent les trois banques de 2008 (Fortis rachetée par BNP Paribas, l’allemande IKB et sa compatriote WestLB, démantelée depuis), ainsi que d’autres entrées lors de la syndication de la dette. Les trois mezzaneurs d’origine sont aussi autour de la table: Mezzanis (division de Crédit Agricole PE, devenu Omnes Capital), Ares et Oaktree Mezzanine. La dette résiduelle s’élève à quelque 100 millions d’euros, contre 130 millions en 2008 pour les lignes de dette senior, capex et crédit revolving. A l’époque, Advent avait investi 300 millions dans Gérard Darel, valorisé entre 400 et 600 millions d’euros.
Le fonds est monté à 90% l’été dernier, à l’occasion d’une augmentation de capital et du changement de management de l’enseigne, et s’apprête de nouveau à réinjecter un petit ticket. Il espèrerait céder ses parts en 2017, un an avant l’échéance légale de son fonds européen GPE VI, lancé en 2008. D’ici là, Gérard Darel compte rajeunir ses collections, et continuer à moderniser ses magasins et à s’internationaliser, alors que la conjoncture reste difficile en France pour les marques de prêt-à-porter grand public.
Si le tribunal valide l’accord passé avec les créanciers, la marque suivra la même voie que Camaïeu (détenu par Cinven) fin 2013. De son côté, Vivarte (La Halle, André, Kookaï, etc.) contrôlé par Charterhouse, Chequers et Sagard, espère toujours boucler ces prochains jours une profonde restructuration de sa dette de 2,8 milliards d’euros.
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