« Une recomposition générale des métiers entre eux »
Quel est l’impact des nouvelles technologies (big data, blockchain, intelligence artificielle) sur le métier d’assureur ?
Elles ne font qu’accélérer une révolution déjà entamée : celle du passage d’une activité industrielle à une activité de services, d’une logique de l’offre à une logique de la demande. Quand j’ai débuté, indemniser se limitait à appliquer les règles et à envoyer un chèque. Puis, il a fallu devenir pédagogue et expliquer à l’assuré le montant de « son » chèque. Au tournant des années 2000, on a offert un choix : l’envoi d’un chèque ou une prestation en nature (réparer les dégâts). Aujourd’hui, le client est partie prenante dans la chaîne de fabrication. Dans les contrats auto « pay as you drive », par exemple, le tarif est défini à partir d’une analyse, via un boîtier intégré, de la conduite de l’assuré.
Comment l’emploi évolue-t-il ?
Entre 2011 et 2016, les effectifs commerciaux ont chuté de 7,6 %. Mais cette diminution est d’abord liée à la crise financière et à la baisse des placements boursiers. Cette moindre rentabilité et la pression de la concurrence poussent les compagnies à se repositionner sur d’autres activités – gestion de patrimoine, risques entreprises, collectives – et à développer des services complémentaires. Comme une offre de prêt-relais, un service de déménageurs ou de gardiennage proposés dans une assurance habitation, par exemple. Les nouvelles technologies détruisent et créent, dans le même temps, des activités. S’il arrive (parfois) que certains métiers disparaissent, il faut plutôt considérer une recomposition générale des métiers entre eux, par hybridation. Après tout, un data scientist reste un statisticien, un mathématicien qui s’est spécialisé dans des techniques nouvelles.
Plus d'articles du même thème
-
« Nous ne reprendrons pas d'exposition à la France vu le contexte »
Joëlle Harb, directrice de la gestion obligataire chez Amplegest -
L’Eurogroupe s’inquiète à nouveau pour la zone euro
L’Eurogroupe réuni vendredi à Dublin a débattu des inquiétudes actuelles autour du choc énergétique et de la hausse des taux. Ainsi que de l’urgence d’améliorer la compétitivité et la productivité, dont l’Union des marchés de capitaux. Son président a aussi appelé à relancer l’Union bancaire. -
« Les indices français, allemand, suisse, indien et chinois devraient maintenir leur sous-performance »
Vincent Guenzi, directeur de la stratégie d’investissement de Cholet Dupont Oudart
ETF à la Une
Les particuliers français propulsent la collecte des ETF européens vers un nouveau record
- Axa place la conquête au coeur de son nouveau plan stratégique
- La Société Générale mise sur une meilleure éducation financière des femmes
- La coûteuse ardoise de la frilosité des épargnants français
- Axa veut passer à l’échelle dans l’IA
- En plein défi réglementaire, Revolut fait face à une cyberattaque
Contenu de nos partenaires
-
Accusés de relayer des « fake news », trois grands médias américains bannis de la Maison Blanche
Les chaînes CNN et MS NOW (ex-MSNBC), ainsi que le média en ligne Politico, se sont vu interdire l’accès de la Maison Blanche « avec effet immédiat » par Donald Trump. Pour l’heure, la façon dont cette interdiction s’appliquerait n’est pas claire et elle pourrait être inconstitutionnelle -
Cote d'alerteLa dette publique française va dépasser 120 % du PIB en 2027
Plombé par un déficit à 5,4 % en 2026 et une activité morose, le gouvernement table sur une dette en hausse à 121,7 % en 2027. -
UE : l'Allemagne et quatre autres pays appellent à diminuer « de plusieurs centaines de milliards d’euros » le prochain budget
Les desiderata budgétaires de Bruxelles pour les six ans qui viennent sont qualifiés de « pas réalistes » par les chefs de gouvernement de l’Allemagne, de l’Autriche, des Pays-Bas, de la Finlande et du Danemark, qui se sont exprimés dans une tribune publiée sur Politico