Un ancien cadre accuse Goldman Sachs de l’avoir licencié à la suite d’un congé paternité
Une fois n’est pas coutume, l’affaire porte sur un possible cas de discrimination en défaveur d’un homme. Jonathan Reeves, ancien vice-président au sein du département conformité de Goldman Sachs à Londres, a déposé plainte contre son ex-employeur pour discrimination sexuelle et réclame 3,8 millions de livres, a récemment rapporté l’agence Bloomberg.
Il accuse la banque de l’avoir renvoyé injustement alors qu’il revenait d’un congé paternité de six mois. Des allégations réfutées par Goldman Sachs qui affirme qu’il a été licencié en raison de problèmes de performance remontant à plusieurs années, toujours selon Bloomberg.
Selon les dires de ses avocats retranscrits dans des documents du tribunal consultés par l’agence financière, Jonathan Reeves aurait «constaté que les membres de la direction de la banque faisaient preuve de négativité à l'égard des employés masculins qui prenaient de longues périodes de congé parental et, plus généralement, à l'égard des employés masculins confrontés à des problèmes de garde d’enfants».
A lire aussi : Moins d'un tiers des décisionnaires de la finance sont des femmes
Un moment charnière
De tels agissements iraient à l’encontre des politiques prônées par les banques anglo-saxonnes ces dernières années, en faveur d’une meilleure prise en charge des congés maternités mais aussi paternités afin d’améliorer la parité homme/femme dans ces établissements où les fonctions dirigeantes demeurent très largement masculines. La branche américaine de la banque Citi a notamment annoncé cette année la mise en place d’un congé payé de 16 semaines pour les nouveaux parents.
«Goldman Sachs a introduit un droit à la pointe du secteur de 26 semaines de congé parental payé pour tous les nouveaux parents dès 2019, et nous encourageons tous nos employés à le prendre», a pour sa part rappelé Goldman Sachs selon les propos d’un porte-parole rapportés par Bloomberg. «Ce congé bénéficie aux pères qui travaillent, ainsi qu’aux mères qui travaillent», a-t-il complété.
Quelle que soit l’issue du procès intenté par Jonathan Reeves ou même la réalité de ses accusations, elles ont le mérite de remettre sur le devant de la scène le sujet de la prise de congés à l’arrivée d’un enfant. Un moment souvent charnière pour la carrière des femmes – et sans doute de certains hommes - dans la finance.
A lire aussi : Franchir le mur maternel
Plus d'articles du même thème
-
Les pays en développement ont beaucoup à gagner grâce à l'IA
La Banque mondiale présente dans un rapport une méthode vouée à tirer le meilleur bénéfice de l’intelligence artificielle pour stimuler le développement, tout en échappant aux effets de bord qui restent complexes à éliminer, y compris dans les pays développés. -
Les Etats-Unis ont créé nettement plus d'emplois que prévu en août
L'économie américaine a ajouté 162.000 postes alors que les économistes anticipaient un gain de 55.000. Les taux ont fortement rebondi en réaction. -
DNB lance un fonds actions dédié à la santé des femmes
Ce fonds a été confié à un médecin de formation, Anesa Mulabecirovic Sahnoun.
ETF à la Une
Goldman Sachs s’apprête à entrer sur le marché européen des ETF à rendement défini
- Banques françaises : ce que le coefficient d'exploitation ne mesure pas
- Le pétrole bondit de plus de 3% après l’attaque américaine contre l’île de Larak
- Swift accorde un répit aux banques sur les adresses structurées
- John Ternus relève le défi de s’imposer à la tête d’Apple
- Astrid Panosyan-Bouvet devient DRH d’Axa
Contenu de nos partenaires
-
Poutine ordonne l'arrêt des frappes sur Kiev pendant trois jours alors que les émissaires de Trump sont à Moscou
Jared Kushner et Steve Witkoff, les deux émissaires de Donald Trump, se trouvent actuellement à Moscou, samedi 5 septembre, où ils doivent rencontrer Vladimir Poutine. Ils seront le lendemain à Kiev, une première pour eux, pour un entretien avec Volodymyr Zelensky. La pause dans les frappes commence dans la nuit de ce samedi à dimanche -
Couteau dans le dosVolkswagen : pourquoi les salariés ont soutenu la suppression de 50 000 postes supplémentaires
Le principal syndicat du groupe automobile estime que l'accord laisse la porte ouverte à une poursuite d'activités ou une reprise des quatre usines menacées outre-Rhin -
La roue tourneDette américaine : le signal du fonds souverain norvégien à Donald Trump
Les investisseurs étrangers invoquent toutes sortes de raisons pour justifier une baisse de leur exposition à la dette publique américaine