UBS et Credit Suisse doivent encore améliorer leur ratio de levier
En progrès, mais peut mieux faire. C’est le jugement porté par la Banque nationale suisse (BNS) sur UBS et Credit Suisse, dans son rapport de stabilité financière publié hier. «Le leverage ratio reste faible pour les deux établissements, pointe Jean-Pierre Danthine, vice-président de la BNS. Des études comparatives concluent en outre qu’UBS et le Credit Suisse présentent un leverage ratio qui demeure inférieur à la moyenne internationale». La charge n’est pas anodine alors que le Comité de Bâle, jusque-là focalisé sur les ratios de liquidité, a fait du ratio de levier sa priorité pour 2013.
Cet indicateur, qui mesure le rapport entre les fonds propres d’une banque et le total de son bilan, s’élève à 2,3% dans les deux groupes à fin mars, selon la BNS. Il devra atteindre 3,1% en 2019 dans les deux établissements jugés too big to fail (trop gros pour faire faillite). «Le relèvement du leverage ratio est d’autant plus crucial que cette variable acquiert une importance de plus en plus grande pour mesurer la résilience», pointe la BNS.
Pour le moment, les deux banques semblent en bonne voie. Grâce aux actions menées pour renforcer leurs fonds propres, UBS et Credit Suisse affichent à fin mars un ratio de fonds propres durs Bâle 3 de respectivement 10,1 % (+2,6 points sur un an) et 8,6% (+4,2 points). «Ils devraient satisfaire dès fin 2014 l’exigence d’un ratio de fonds propres pondérés en fonction des risques de 13%, exigence qui ne sera applicable qu’en 2019, estime la BNS. Les mesures présentées dans ces plans entraîneront en outre une amélioration substantielle du leverage ratio d’ici à fin 2014».
Les actifs pondérés du risque (RWA), donc la manière dont les banques calculent leurs besoins en capital, restent toutefois en débat. La Finma, le régulateur des banques suisses, est en train d’examiner les différences entre méthodes de calcul internes et approche standard. Pour plus de transparence, la BNS souhaite qu’UBS et Credit Suisse rendent publics leur mesure du risque global et le montant de leurs RWA en méthode standard. Cette demande n’est pas nouvelle: «cela a aussi été recommandé dans le rapport de 2012», rappellent les analystes actions de... Credit Suisse.
Enfin, les grandes banques du pays ont pesé sur la rentabilité du secteur l’an dernier. Les 297 établissements du pays ont vu leurs bénéfices divisés par deux, à 7,1 milliards de francs.
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