UBS adapte sa structure juridique pour parer à tout choc extrême

La banque suisse promet à ses actionnaires un dividende exceptionnel après la création d’une holding minimisant les réserves réglementaires
Benoît Menou

UBS répond à la pression réglementaire. Alors que cette dernière s’exerce sur les banques à travers le monde afin de renforcer leur solidité financière et de mettre le contribuable à l’abri de toute dépense en cas de fortes turbulences, la banque suisse a annoncé une étape décisive dans l’adaptation de sa structure juridique. Il s’agit pour UBS de créer cette année, sous réserve d’approbation réglementaire, une holding bancaire par échange d’actions avec la structure cotée actuelle, afin de permettre un démantèlement simplifié si un choc extrême comparable à celui de la récente crise devait survenir.

Mieux, UBS précise que le projet implique la mise de côté de réserves réglementaires moindres dans le cadre des textes suisses relatifs aux établissements «trop importants pour faire faillite» (too big to fail). De quoi promettre aux actionnaires, s’ils soutiennent le projet, la distribution d’un dividende exceptionnel que la banque évalue à au moins 0,25 franc par action. Soit un rendement additionnel de 0,25 point au cours de clôture d’UBS lundi soir (18,27 francs), pour un montant total voisin de 960 millions de francs.

L’adaptation juridique se décline également au niveau de plusieurs pays. Comme annoncé l’an dernier, UBS entend créer à mi-2015 une filiale bancaire en Suisse, qui regroupera les activités locales de banque de détail et d’entreprise ainsi que de gestion de fortune. Au Royaume-Uni ensuite, UBS va engager d’ici fin juin la révision du modèle de sa filiale, passant par une autonomie et une capitalisation accrues. Aux Etats-Unis, enfin, UBS rappelle devoir créer d’ici le 1er juillet 2016 pour respecter la loi Dodd-Frank une holding intermédiaire pour y loger ses activités locales.

Autant d’initiatives qui selon le directeur général d’UBS, Sergio Ermotti, ne modifient en rien la stratégie du groupe et ne le contraignent pas à faire appel au marché pour augmenter son capital. Analyste chez Mediobanca, Christopher Wheeler salue le fait qu’UBS soit «la première banque en Europe qui commence à vraiment rendre du capital à ses actionnaires». Une générosité par voie de dividende et de rachat de titres indispensable selon l’analyste pour respecter l’objectif à moyen terme d’un rendement des fonds propres de 15%, contre 8,7% au trimestre écoulé, lors duquel UBS a engrangé un bénéfice net en hausse de 7% à 1,05 milliard de francs.

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