Stéphane Dedeyan tient la corde pour diriger La Banque Postale
Il vaut parfois mieux regarder chez soi avant d’aller chercher à l’extérieur. Stéphane Dedeyan, président par intérim de La Banque Postale après le départ surprise de Philippe Heim cet été, devrait prendre durablement le poste, a dévoilé Le Figaro . Si la proposition du comité de nomination de la banque est acceptée par la Banque centrale européenne, Stéphane Dedeyan sera ensuite adoubé par le conseil de surveillance de La Banque Postale. «La décision devrait être rendue dans une semaine», explique un connaisseur de la banque. Contactée, La Banque Postale n’a pas voulu commenter un processus en cours.
Alors que la recherche d’un nouveau patron avait été confiée à un cabinet de recrutement, c’est finalement vers un visage bien connu que s’est tournée La Poste. Cet actuaire diplômé d’HEC et de l’Insead est depuis 2021 à la tête de CNP Assurances. A ce titre, il était aussi membre du comité exécutif de La Banque Postale avant d’en avoir été nommé membre du directoire en 2022.
Une nomination naturelle
La nomination de Stéphane Dedeyan présente de nombreux avantages pour La Poste. En premier lieu, il a été impliqué dans la réorganisation du groupe appelée projet «Mandarine», consistant en une montée de la Caisse des dépôts au capital de La Poste et en l’intégration de CNP Assurances au sein de La Banque Postale.
Ensuite, à la lumière des quelques mois passés à assurer la fonction par intérim, «les retours sont très positifs en interne», assure un fin connaisseur de la banque. Contrairement à Philippe Heim, dont les relations avec son actionnaire pouvaient être tendues, le courant semble passer entre Stéphane Dedeyan et Philippe Wahl, le directeur de La Poste. Il a aussi travaillé, chez Generali, avec Eric Lombard, devenu directeur général de la Caisse des dépôts. Or, la capacité des dirigeants de toutes les entités du groupe à bien s’y intégrer apparaît fondamentale.
Cependant, même s’il est apprécié en interne, Stéphane Dedeyan n’aura pas la tâche facile. Il devra redresser la trajectoire financière déclinante de la Banque Postale ayant coûté sa place à son prédécesseur. Le pari de Philippe Heim de prendre des parts de marché dans le crédit immobilier malgré la hausse des taux n’a pas payé. A son successeur de trouver la solution pour remonter la pente.
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