Santander poursuit la gestion active de ses filiales étrangères

Alors qu’elle privilégie en général l’ouverture du capital de ses principales filiales, la banque veut acquérir les minoritaires de Santander Brasil
Antoine Landrot

Santander mène une politique active à l’égard de l’actionnariat de ses principales filiales étrangères. L’établissement a lancé une offre d’achat sur les 25% du capital de sa filiale brésilienne qu’il ne détient pas encore. Il va proposer aux actionnaires minoritaires de Santander Brasil un échange sous forme d’actions nouvelles du groupe, à un niveau de parité représentant une prime de 20% par rapport au dernier cours de clôture de la filiale (12,74 reais).

Si l’ensemble des minoritaires souscrivait à l’offre, Santander devrait émettre environ 665 millions d’actions nouvelles pour une valeur de 4,7 milliards d’euros, équivalent à 5,8% de son capital. Ces titres seraient cotés à la Bourse de Sao Paulo. L’opération devrait avoir lieu avant le mois d’octobre. Il reste à savoir si la prime sera jugée suffisante: l’action Santander Brasil a en effet reculé de près de moitié depuis son sommet en octobre 2009.

L’offre doit permettre au groupe de bénéficier davantage de l’activité de sa filiale: il a précisé que l’opération permettra d’accroître ses bénéfices de 7% en 2015 et en 2016, soit 560 millions d’euros. Santander Brasil constitue une partie centrale du dispositif du groupe, quand bien même le premier trimestre 2014 a été plus difficile. Le bénéfice net de la filiale a en effet reculé de 10,4% à 364 millions d’euros. Mais cette contre-performance, liée au ralentissement de l’économie brésilienne, n’entame pas l’optimisme des dirigeants vis-à-vis de ce marché, qui pèse tout de même 20% des bénéfices du groupe au premier trimestre 2014.

Le rachat des minoritaires reste une exception dans la stratégie de Santander, qui a eu tendance à multiplier les introductions en Bourse partielles de ses principales filiales ces dernières années: Santander Consumer USA en janvier et Grupo Financiero Santander Mexico en septembre 2012. Et Javier Marin, le directeur général, a confirmé le projet de cotation des activités britanniques «à moyen terme». Celles-ci représentent désormais un poids équivalent à la filiale brésilienne, soit 20% des profits du groupe au premier trimestre.

Santander a beau être la première banque espagnole, son marché intérieur ne génère d’ailleurs plus qu’une petite partie de ses bénéfices. Au premier trimestre 2014, il lui a procuré 251 millions d’euros de résultat net (+23,6% sur un an), sur un total de 1,3 milliard (+7%) pour le groupe – soit 14% en ne tenant compte que des activités pérennes.

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