Qui sont les plus grands gérants d’actifs du monde en 2026 ?
Dans certains domaines la taille compte. Dans la gestion d’actifs, c’est particulièrement le cas. Parce que l’argent attire l’argent, il est plus rassurant pour un investisseur de miser sur des fonds importants qui ne risquent pas de fermer dans quelques années par manque de liquidité.
Plus le véhicule est gros, plus le gérant pourra en outre réaliser des économies d’échelle dont il fera potentiellement profiter ses clients en réduisant ses coûts. Un mouvement qu’illustre la forte montée en puissance des fonds indiciels cotés (ETF) dont certains ont atteint des tailles gigantesques, avec plusieurs centaines de milliards de dollars d’encours.
Dans ce contexte, réussir à se hisser parmi les plus gros acteurs de son secteur est crucial pour les gérants d’actifs. A ce jeu-là, les groupes américains ont plusieurs longueurs d’avance sur les européens même si certains, français et allemands notamment, se distinguent.
BlackRock et Vanguard toujours loin devant
En croisant les données de classements qui font référence, tels ceux de l’IPE ou du Thinking Ahead Institute, avec les derniers chiffres communiqués par les plus grands gérants d’actifs, L’Agefi a construit son propre palmarès 2024 des principaux acteurs du domaine.
Sans surprise, les deux géants américains de l’industrie, BlackRock et Vanguard, arrivent largement en tête. A fin 2025, le premier affichait plus de 14.041 milliards de dollars d’actifs sous gestion (12.000 milliards d’euros), contre 12.000 milliards de dollars pour Vanguard. Dans les deux cas, les encours font la part belle aux ETF. Chez BlackRock, les fonds indiciels pesaient 39% du total, à 5.468 milliards, contre 37% en 2024, dont 4.006 milliards dirigés vers des ETF actions, en hausse de 29% en un an.
Derrière ces deux géants, le classement est plus délicat à établir. Sur la base de la stricte gestion d’actifs (asset management), Fidelity Investment conforte sa place sur le podium avec 7.100 milliards de dollars sous gestion, un chiffre en hausse de 20% par rapport à fin 2024. Mais certains acteurs affichent une activité de gestion de fortune (wealth management) très étendue.
La délicate prise en compte de la gestion de fortune
Par exemple, Morgan Stanley revendique «seulement» 1.895 milliards de dollars d’actifs sous gestion dans son pôle Asset Management mais la banque américaine indique que les «actifs totaux de ses clients» en gestion de fortune s’élèvent à 7.381 milliards de dollars. Sur ce montant, une partie seulement donne lieu à des frais de conseil («advisor-led»), à hauteur de 5.715 milliards de dollars, dont 2.753 milliards de dollars occasionnent aussi des commissions («fee-based»).
Chez UBS, qui affiche un profil similaire avec 6.851 milliards d’actifs investis totaux dont 2.098 milliards d’actifs sous gestion en asset management, les actifs générant des commissions en gestion de fortune s’élèvent à 2.108 milliards de dollars.
Dans ce contexte, additionner les chiffres de la gestion de fortune aux actifs sous gestion de l’asset management ne ferait pas grand sens. D’autant qu’une telle opération pourrait donner lieu à des doubles comptages. Une partie des sommes logées dans le wealth management peut en effet être confiée à la branche de gestion d’actifs de la même entreprise.
En l’espèce, l’exemple de Northern Trust est particulièrement éclairant. Le groupe, qui était 20e de notre classement en 2025, revendique 1.400 milliards de dollars d’actifs sous gestion en asset management et 507 milliards en gestion de fortune mais «seulement» 1.800 milliards de dollars au total. Cela signifie qu’un peu moins d’un quart, soit 107 milliards de dollars, des sommes comptabilisées en wealth management le sont également en asset management. L’année précédente, la proportion était plus proche d’un tiers.
Face à cette complexité, nous avons préféré séparer clairement les activités de gestion d’actifs et celles de gestion de fortune dans notre classement dont l’ordre reste déterminé par le poids de l’asset management.
BNP Paribas gagne des places
En retenant cette méthodologie, les cinq premiers gestionnaires d’actifs de la planète sont américains, State Street et JPMorgan occupant les quatrième et cinquième places.
Le premier «pure player» européen est Amundi avec 2.380 milliards d’euros sous gestion à fin 2025 mais, au niveau groupe, Allianz se place devant le Crédit Agricole grâce notamment à ses filiales Pimco (1.921 milliards d’euros sous gestion) et AllianzGI (591 milliards) qui s’ajoutent aux encours de la maison mère.
Grâce à l’acquisition d’Axa IM, BNP Paribas se rapproche de son côté du top 10 avec plus de 1.620 milliards d’euros d’actifs, sans compter 517 milliards en gestion de fortune.
BPCE-Natixis ferme la marche avec environ 1.300 milliards d’euros d’encours alors que la fusion avortée avec les activités de gestion d’actifs de l’assureur Generali aurait pu le porter au seuil de la dixième place.
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