Neat veut s’imposer comme le leader européen de l’assurance embarquée
L’assurtech tricolore mène un premier tour de table de 10 millions d’euros auquel participe notamment Octopus Ventures pour son premier investissement en France.
Publié le
Bertrand De Meyer
Neat permet à ses assurés de protéger l’ensemble de leurs appareils, électroménager, high tech et multimédia pour seulement 15 euros par mois.
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Neat boucle la plus grosse levée de capital d’amorçage (seed capital) du secteur de l’assurance embarquée. L’assurtech tricolore conçoit et distribue en marque blanche des assurances embarquées, c’est à dire rattachées à des actes d’achat. Elle a annoncé avoir levé 10 millions d’euros auprès de Octopus Ventures, qui signe son premier investissement en France, New Alpha, Mundi Ventures, Founders Future. Des business angels du monde de l’assurance et de la tech ont aussi participé à cette levée de fonds, dont une partie est en dette.
La jeune pousse a été créée en mai 2022 par Fabien Cazes, general manager France de l’assurtech Lovy’s et ancien directeur général France de Deposit Solutions, et Maximilien Dauzet, qui a participé à la création de Lovy’s et qui était jusqu’ici à la tête des partenariats de Seyna. Elle ambitionne de devenir «leader européen du secteur». «Le marché de l’assurance embarquée, en pleine croissance, est estimé à 600 milliards de dollars dans le monde d’ici 2028. 80% des marchands ne proposent pas d’assurance, ce qui est une immense opportunité», explique Maximilien Dauzet.
Groupama, Acheel, Areas et Hannover Re
Neat, qui travaille avec des assureurs comme Groupama, Acheel, Aréas et des réassureurs comme Hannover Re, fonctionne sous forme BtoBtoC en créant, pour ses clients professionnels, des solutions qu’ils distribuent ensuite sous leur marque. Elle ambitionne toutefois de devenir agence de souscription à terme. «Nous nous occupons non seulement de la création du produit avec nos assureurs et réassureurs partenaires mais aussi de l’intégration des parcours, de la gestion des contrats et de la gestion des sinistres afin que les distributeurs se concentrent sur leur création de valeur», décrit Fabien Cazes.
Plus de 15 produits sur quatre segments sont pour le moment proposés avec une couverture vol, casse, perte, panne ou encore annulation sans justificatif. La société propose notamment des assurances affinitaires (audio médical, pro et outillage), mobilité et une «garantie à vie des produits du foyer» qui permet aux assurés de protéger l’ensemble de leurs appareils, électroménager, high tech et multimédia pour seulement 15 euros par mois avec une réparation ou un remplacement sous 48 heures. «Nous nous positionnons sur des produits innovants pour nos clients avec l’idée suivante : si ça doit être simple à acheter, ça doit être simple à indemniser. Nous pensons nos produits pour les 95% de gens honnêtes et non pas pour les 5% de fraudeurs», affirme Maximilien Dauzet.
Rentabilité d’ici trois ou quatre ans
Fort de plusieurs dizaines de milliers de clients et de plus de 100 partenaires, dont Floa Bank ou Casino, Neat entend s’attaquer à de nouvelles verticales et vise la rentabilité d’ici trois à quatre ans. «Notre objectif n’est pas de dépenser cet argent dans du marketing. Nous allons investir dans l’expérience client, en recrutant notamment des équipes techs et assurantielles», abonde Fabien Cazes. L’équipe devrait atteindre les 40 collaborateurs dans les six prochains mois, contre 20 à l’heure actuelle, et vise la centaine de salariés à moyen terme. Neat vise aussi un ratio de recommandation (NPS, pour net promoter score) supérieur à 70% et 95% de traitement des sinistres en paramétrique à moyen terme. Après quelques clients en Belgique, l’assurtech devrait bientôt accompagner une banque en Italie, Espagne, Portugal et Allemagne.
Directeur général de la compagnie à bas coûts depuis 1994, l’homme d’affaires irlandais voit son mandat prorogé de quatre ans, avec un bonus potentiel d’environ 150 millions d’euros.
Christophe Boucher, directeur des investissements et professeur d'économie à l'université de Paris-Nanterre, et Benoît Begoc, stratégiste quantitatif, chez ABN Amro Investment Solutions.
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