Mutuelles et assureurs non-vie tirent leur épingle du jeu en Europe

Les deux familles se distinguent, alors que les revenus du secteur sont restés stables ces cinq dernières années, selon Roland Berger
Amélie Laurin

Dans un marché européen de l’assurance quasi atone, les mutuelles et les acteurs généralistes tirent leur épingle du jeu face aux assureurs vie. C’est le bilan de l’étude menée par le cabinet de conseil Roland Berger, qui a analysé la performance sur cinq ans des trente premiers acteurs du secteur en Europe de l’Ouest.

Après le déclenchement de la crise financière en 2008, les revenus mondiaux de ces assureurs européens ont seulement crû de 1% par an en moyenne entre 2009 et 2013, pour atteindre 925 milliards d’euros l’an dernier. Les mutuelles se distinguent avec une croissance annuelle moyenne de 5%, mais elles concentrent seulement 58 milliards d’euros de revenus. Les situations sont très contrastées: si Groupama a traversé des turbulences, l’espagnole Mutua Madrileña affiche un taux de croissance annuelle de 28%, tiré par le rachat de 50% de l’assurance non-vie de la Caixa.

Malgré une forte dépendance à leur économie domestique, «les mutuelles ont gagné des parts de marché, avec une rentabilité plus faible», souligne Christophe Angoulvant, associé senior chez Roland Berger. Détenues par leurs sociétaires, donc sans actionnaire à rémunérer, elles affichent un rendement des fonds propres (RoE) de 2% en moyenne, contre 7% pour le secteur et même 10% pour les compagnies généralistes à dominante non-vie (Allianz, Zurich, RSA, etc).

Ces dernières ont, comme les mutuelles, moins souffert de la baisse de marchés financiers qui a érodé les rendements des spécialistes de l’assurance vie et leur collecte. Cette famille affiche des revenus en croissance de 4% par an sur la période, contre +1% pour les spécialistes de l’assurance vie (Aegon, Prudential, SwissLife…) et -3% pour les acteurs généralistes à prédominance vie (Axa, Aviva, Generali…). La mauvaise passe de l’assurance vie est «conjoncturelle mais risque de durer quelques années encore», estime Christophe Angoulvant. Son rebond passe notamment par les marchés émergents, en voie d’équipement et friands de produits mêlant épargne et prévoyance et d’unités de compte, aux marges plus élevées.

En dehors des business models, certains pays ont mieux réussi au cours des cinq dernières années. Outre les espagnols, les assureurs allemands et suisses affichent la plus forte croissance et les meilleurs RoE, grâce à la croissance de leurs revenus domestiques et à un poids moins important de l’assurance vie. Les acteurs français sont dans la moyenne avec des revenus stables et un RoE de 7%.

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