Morgan Stanley et Lazard s’apprêtent à changer de patron
Passages de témoin annoncés chez Morgan Stanley et Lazard. La première tenait son assemblée générale annuelle ce vendredi 19 mai. Son directeur général, James Gorman, en a profité pour annoncer qu’il abandonnerait les rênes de la banque américaine, «à un moment donné dans les douze prochains mois», et «en l’absence d’un changement majeur dans l’environnement externe».
Aux commandes de Morgan Stanley depuis 2010, ce qui fait de lui l’un des patrons de banque les plus capés, avec Jamie Dimon chez JPMorgan, James Gorman a été l’artisan du rééqulibrage du business model du groupe vers la gestion de fortune. Il a notamment mené les rachats d’E*Trade et d’Eaton Vance. En janvier, le dirigeant avait indiqué que trois successeurs potentiels avaient été identifiés, sans les nommer. Il s’agit, selon les médias américains, des coprésidents Ted Pick et Andy Saperstein, et du patron de la gestion d’actifs, Dan Simkowitz.
James Gorman a précisé devant ses actionnaires qu’il resterait «président exécutif» durant «un certain temps» pour assurer la transition.
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Suppressions de postes
Chez Lazard, l’heure n’est qu’aux suppositions. Le patron de la banque d’affaires, Ken Jacobs, s’apprêterait à laisser la direction générale du groupe à son dauphin, Peter Orszag, selon plusieurs médias anglo-saxons, dont le Wall Street Journal (WSJ).
La banque n’a pas commenté l’information. «L’une des responsabilités les plus importantes de tout conseil d’administration est d’assurer une transition en douceur à la direction, a déclaré Richard Parsons, administrateur référent de Lazard, cité par le WSJ. Nous avons mis en place un plan de succession depuis un certain temps, et ce plan est en bonne voie.»
Ken Jacobs, âgé de 64 ans, a pris les rênes de Lazard en 2009 après le décès de Bruce Wasserstein. Il était entré dans la banque à la fin des années 1980 et s’est rapidement imposé comme l’un de ses meilleurs dealmakers, jusqu’à devenir le bras droit du charismatique Bruce Wasserstein. Peter Orszag, 54 ans, ancien cadre de l’administration Obama, a quant à lui rejoint la banque en 2016, après être passé par Citigroup. Il est aujourd’hui le patron des activités de conseil et de banque d’investissement de Lazard.
Cette succession, si elle se confirme, interviendrait à un moment délicat pour Lazard. Victime comme ses concurrents de l’arrêt du marché des fusions-acquisitions et, dans ses activités de gestion d’actifs, du mauvais millésime 2022, la banque a dévoilé, fin avril, une perte nette au titre du premier trimestre. Elle a annoncé un plan d’économies qui prévoit la suppression de 10% de ses effectifs cette année.
Le cours de Bourse s’en ressent. Il recule de 17% depuis le début de l’année. Son évolution erratique l’a ramené à un niveau à peine supérieur à celui de l’introduction en Bourse de Lazard, en 2005.◆
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