Lazard, en perte, supprime 10% de ses effectifs
La fête est bien finie pour les banques d’affaires. Lazard a dévoilé le 28 avril une perte inattendue au premier trimestre, et annoncé la suppression de 10% de ses effectifs courant 2023, alors que le secteur est confronté au plongeon des opérations de fusions-acquisitions.
La banque cotée à New York a accusé une perte de 22 millions de dollars (20 millions d’euros) lors des trois premiers mois de l’année, contre un profit de 114 millions à la même période de l’année précédente. Les revenus du conseil ont chuté de 29% sur un an, ceux des activités de gestion d’actifs de 15%.
Retour à 2020
«Honnêtement, les choses ne vont pas aussi bien qu’en décembre ou janvier, a déclaré Ken Jacobs, PDG du groupe, lors d’une conférence téléphonique. Il est temps d’agir, c’est aussi simple que cela.»
Comme toutes les banques d’affaires, Lazard avait participé à la guerre des talents à Wall Street entre mi-2020 et mi-2022, qui s’était traduite par une inflation des packages, y compris pour des juniors sans expérience. Le nombre de ses employés s’est accru de près de 10% sur la période, passant de 3.100 à 3.400. Le groupe s’apprête donc à revenir à l’étiage de 2020. Les réductions d’effectifs lui ont déjà coûté 21 millions de dollars au premier trimestre, et une charge supplémentaire de 95 millions de dollars est à prévoir.
Dans l’asset management, Lazard a endigué la baisse de ses encours, remontés de 7% entre fin décembre et fin mars, à 227 milliards de dollars. Une embellie liée à l’effet marché, car la collecte se révèle légèrement négative à périmètre constant.
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