Monte dei Paschi et Banco Espirito Santo mènent cahin-caha leur augmentation de capital
Exercice réussi pour Banco Espirito Santo (BES). La banque portugaise a finalisé hier une augmentation de capital de 1,045 milliard d’euros à la Bourse de Lisbonne, légèrement plus que le milliard escompté. Son appel au marché avait pourtant été perturbé par la révélation d’«irrégularités» dans le prospectus de l’opération, liées à des erreurs comptables au sein de la holding luxembourgeoise de la famille Espirito Santo, premier actionnaire de la banque devant le Crédit Agricole.
La levée de fonds de l’italienne Banca Monte dei Paschi di Siena (BMPS) s’apparente quant à elle à du rodéo. La Bourse italienne ayant révisé à la baisse son poids dans l’indice milanais (FTSE MIB), le cours de la plus vieille banque du monde a chuté de 25% hier en séance après avoir grimpé de 44% en deux jours, depuis le lancement de l’opération lundi matin. La très forte décote et la nécessité pour certains fonds d’augmenter leurs positions se sont traduites par un afflux d’ordres anormal. Visant 5 milliards d’euros, soit deux fois sa capitalisation boursière de vendredi, MPS propose 214 bons de souscription d’actions nouvelles pour cinq détenues, à un euro pièce. Les mesures prises hier par la Bourse italienne visent à enrayer la spéculation et la forte volatilité du cours, dont le flottant restera toutefois limité.
L’actionnariat de BMPS demeure par ailleurs très éclaté. Avant l’augmentation de capital, le fonds Fintech du milliardaire Carlos Slim, Axa et BlackRock formaient le trio de tête, avec 3,2% à 4,5% chacun. Seuls des actionnaires détenant conjointement 14,5% de la banque, dont Axa, ont annoncé leur intention de souscrire de nouveaux titres. Chez BES, la famille Espirito Santo et le Crédit Agricole ont dénoué leur holding commune et se sont laissé diluer, à respectivement 25% et 15%.
La banque portugaise voulait renforcer sa solvabilité en vue de la revue de la qualité des actifs menée actuellement par la Banque centrale européenne. Son ratio de fonds propres durs Bâle 3 devrait atteindre 9,6%, voire 10,5% grâce à de nouvelles règles sur les impôts différés, a déclaré hier son directeur général qui aborde les tests européens avec «confiance». MPS a en revanche déjà prévenu que son augmentation de capital, qui doit surtout lui servir à rembourser 4,1 milliards d’euros d’aide d’Etat, pourrait ne pas suffire à passer le cap de l’asset quality review.
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