Londres et Bruxelles s’accordent sur le cadre de leur relation future
Après une période tumultueuse, les négociations sur le Brexit progressent. Hier les négociateurs de l’Union européenne et du Royaume-Uni ont annoncé la conclusion d’un accord sur leurs relations post-Brexit sous la forme d’un projet de déclaration politique de 26 pages. Ce texte, qui doit encore être validé lors d’un sommet ce dimanche, évoque «un partenariat ambitieux, large, approfondi et flexible en matière commerciale, de politique étrangère, de défense et de sécurité». On est cependant loin des prérogatives contenues dans le Chequers Plan, le livre blanc publié en juillet par le gouvernement britannique. Ce dernier évoquait des liens commerciaux harmonieux (frictionless) sur les biens.
Dans une déclaration à la chambre des Communes hier après-midi, Theresa May préférait cependant insister sur les concessions obtenues : la relation future ne sera pas un accord de type Norvège ou Canada mais une relation qui tiendra compte du «contexte unique de la relation entre le Royaume-Uni et l’UE». Le texte reste cependant encore flou sur le rapport de proximité qu’entretiendront les deux blocs dans une relation post-Brexit.
Une petite victoire pour la City
La déclaration précise en revanche le nouveau cadre réglementaire dans lequel opérera la City : «l’accord commercial avec l’UE garantira de nouvelles dispositions pour notre secteur des services financiers, en assurant que l’accès au marché ne pourra pas être retiré par caprice et en offrant stabilité et sécurité à notre industrie de renommée mondiale (…)», a souligné hier Theresa May devant le Parlement britannique.
Le texte va ainsi légèrement plus loin que la simple relation d’équivalence évoquée dans le texte initial la semaine dernière. Il évoque une coopération entre les deux blocs, passant par «une consultation sur le processus d’adoption, de suspension et de retrait des décisions d’équivalence». Cette phrase, qui n’existait pas dans la version initiale, constitue une petite victoire pour la City. La finance londonienne s’est toujours élevée contre les équivalences, susceptibles d’être retirées à la discrétion des autorités européennes. Le texte n’apporte cependant aucun éclairage particulier sur le devenir des services financiers non couverts par le régime des équivalences. Or, selon Hogan Lovells, seul un quart des services financiers transfrontaliers serait concerné par ce régime…
Plus d'articles du même thème
-
Le superviseur bancaire français plaide pour une simplification accélérée des règles
La présentation du point annuel sur l’état du marché bancaire et assurantiel a été l’occasion pour l’ACPR de redonner la position du superviseur français sur les travaux de simplification et de compétitivité bancaire en cours au niveau de la Commission européenne et l’importance de pousser beaucoup plus loin l’union bancaire. -
L’Autorité bancaire réaffirme ses idées de simplification des règles prudentielles européennes
A trois mois de la proposition finale de la Commission pour une simplification des règles prudentielles européennes sur les banques, l’Autorité bancaire européenne (EBA) fait un point d’étape avec L’Agefi. -
L’Esma fixe des critères de crédibilité pour les déclarations d’impact et de transition
À l’orée de la dernière phase de négociation du nouveau règlement SFDR sur la conformité des informations de durabilité, prévue d’ici fin 2026, l’Esma précise ses attentes pour prévenir le greenwashing et encadrer les engagements de transition climatique.
ETF à la Une
BlackRock veut ajouter une catégorie de parts ETF à cinq fonds actifs
- Worldline s'assure une place dans la course à l'agentique
- Danfoss réussit une émission obligataire malgré la cyberattaque en France
- La France a encore des raisons de croire en son économie
- L’exposition à géométrie variable des banques françaises au risque souverain
- Les banques françaises ne savent pas parler aux femmes
Contenu de nos partenaires
-
On the list« La situation m’oblige » : Natacha Polony est candidate à l'élection présidentielle
La journaliste et essayiste dit vouloir rassembler « les orphelins de la politique » -
Tribune libre« Retraites, successions : misons sur la solidarité intergénérationnelle plutôt que sur la baisse des pensions et les taxes »
Comment garantir demain une retraite satisfaisante aux jeunes générations sans demander toujours plus aux actifs et aux retraités ? Le sénateur et coordinateur du programme de Gabriel Attal, Benjamin Huin-Morales et l'économiste Paul-Armand Veillon proposent de permettre aux grands parents de transmettre jusqu’à 50 000 euros supplémentaires à chacun de leurs petits-enfants, exonérés de droits de donation, à condition que cet argent soit placé sur un plan d’épargne-retraite (PER) -
La Fabrique de l'Opinion« Les armées ont besoin de faire l'objet d’un débat critique pour être correctement connues »
Grande spécialiste des liens entre la société française et ses soldats, Bénédicte Chéron raconte la façon dont la « Grande muette » s’exprime, dans La Communication militaire française de la fin de la guerre d’Algérie à nos jours, publié ce mois-ci par les éditions Nouveau Monde. Un exercice qui se révèle aussi nécessaire que difficile pour les armées, notamment lorsqu’elles se trouvent en opération, rappelle-t-elle