Le Brexit entraîne de nouveau Londres dans une crise politique
Quelques heures seulement après avoir annoncé l’adhésion de son gouvernement au projet de sortie de l’UE, Theresa May a dû faire face hier à une série de démissions. Et non des moindres, celle du ministre emblématique du Brexit Dominic Raab qui s’est exprimé sur Twitter. La secrétaire d’Etat au travail et retraites Esther McVey lui a emboîté le pas. Quatre autres démissions faisaient suite. Ces départs en série n’ont pas empêché la Première ministre britannique de défendre bec et ongles durant trois heures le projet d’accord devant la chambre des communes, insistant tout particulièrement sur l’idée que les alternatives étaient réduites : «nous pouvons choisir de quitter sans accord, nous pouvons risquer un no-deal ou nous pouvons choisir de nous unir et de soutenir le meilleur accord qui peut être négocié», a-t-elle indiqué. Plus tard dans la journée, la Première ministre continuait d’afficher, lors d’une conférence de presse, sa détermination à aller jusqu’au bout du processus du Brexit. Les marchés financiers semblent cependant n’avoir retenu que les soubresauts au sein du gouvernement : la livre sterling perdait plus de 1,8% face au dollar et face à l’euro tandis que les valeurs bancaires, et particulièrement domestiques, plongeaient dans son sillage. RBS enregistrait ainsi la chute la plus importante parmi les valeurs financières, avec un déclin de son action allant jusqu’à 11% durant la journée.
Les motifs d’inquiétude sont nombreux : la vague de démissions laisse planer le doute sur l’hypothèse d’une ratification de l’accord sur le Brexit au sein du Parlement britannique. La position de la Première ministre est aussi clairement fragilisée : le conservateur pro-Brexit Jacob Rees-Mogg a ainsi réclamé hier un vote de défiance contre la cheffe du gouvernement sous le prétexte que le projet d’accord de divorce s’avère « pire qu’attendu et échoue à remplir les promesses faites à la Nation par la Première ministre » selon un courrier adressé au président du comité 1922, responsable de l’organisation interne des Conservateurs. L’hypothèse d’une nouvelle élection législative gagnait hier du terrain. Avec plusieurs scénarios à la clé : l’arrivée au pouvoir du chef du parti travailliste Jeremy Corbyn ou bien celle d’un ardent Brexiteer. Dans les deux cas, le risque d’un no-deal ou d’un Brexit dur s’en trouverait accru.
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