L’industrie est soulagée de l’accord européen sur la titrisation
Les experts du marché de la titrisation sont soulagés mais restent sur leurs gardes. Les législateurs européens ont trouvé mardi un accord politique sur la refonte de la régulation de la titrisation. Au dire des professionnels, il pourrait ranimer le marché devenu moribond, à condition d’être bien décliné techniquement et d’être complété par d’autres réformes.
Après la crise de 2007, la régulation de la titrisation avait été rendue beaucoup plus stricte, si bien que le marché n’a jamais redécollé. Pour lui redonner des couleurs, l’accord trouvé hier prévoit d’alléger la charge en capital des banques exposées aux titrisations considérées comme «simples, transparentes et standardisées» (STS). Cet accord «est un pas important pour la renaissance du marché de la titrisation», réagit Anna Bak du lobby européen des banques d’investissement, AFME. Les professionnels sont soulagés que, face aux représentants des Etats-membres, les députés européens aient battu en retraite sur beaucoup de points. Ils se félicitent ainsi que les législateurs aient maintenu les exigences de rétention du risque des titrisations à seulement 5%, qu’ils ne limitent pas l’accès du marché à une poignée d’acteurs et qu’ils imposent des obligations de transparence jugées gérables.
La prudence reste cependant de mise. «Le marché ne va pas repartir en une nuit», prévient Anna Bak, «vous entendrez encore dire que les exigences en capital restent lourdes». Par ailleurs, «beaucoup d’aspects techniques doivent être précisés», insiste-t-elle. Les législateurs devraient accorder leurs violons sur ces sujets lors d’une réunion dans une quinzaine de jours avant que les régulateurs européens ne prennent la plume pour mettre la réforme en musique. Celle-ci devrait entrer en vigueur en 2018.
«L’accord veut dire que le marché peut continuer à vivoter, jusqu’à ce que l’on ait quelque chose du côté des assureurs», commente Ian Bell, directeur du PCS Secretariat, une organisation qui attribue un label de qualité aux titrisations. La Commission doit encore faire des propositions de modification de la régulation Solvabilité 2 pour qu’elle pénalise moins les investissements des compagnies d’assurance dans la titrisation. L’industrie souhaiterait aussi que ces placements puissent faire partie des actifs de haute qualité éligibles aux ratios de liquidité imposés par la réglementation bancaire.
Plus d'articles du même thème
-
David Angel et Eric Heleine (FIX) : «Le protocole de trading devient toujours plus important avec la digitalisation des marchés»
A l’occasion de la Conférence FIX Trading France qui se tenait jeudi 17 septembre à Paris, les deux co-présidents du comité FIX Trading Community pour la France, respectivement directeur Europe continentale de Virtu Financial et directeur eTrading et Data chez BNP Paribas AM, analysent les nouvelles tendances dans le trading. -
Les banques saluent les pistes de la Commission pour simplifier les règles européennes
La consultation sur l’union de l’épargne et de l’investissement et la compétitivité du secteur bancaire européen qui se termine ce 17 septembre a eu beaucoup de succès. Les acteurs de la Place n’ont pas hésité à commenter et abonder dans le sens des propositions de la Commission. -
Ursula von der Leyen propose une interdiction des réseaux sociaux aux moins de 13 ans dans l’UE
Lors de son discours annuel de l’Etat de l’Union, présenté mercredi matin à Strasbourg, la présidente de la Commission européenne a annoncé un nouveau texte, le Kids Act, restreignant l’accès des réseaux sociaux aux mineurs.
ETF à la Une
Les particuliers français propulsent la collecte des ETF européens vers un nouveau record
- La Société Générale aura du mal à contenter tout le monde avec son nouveau plan
- Le plan stratégique de la Société Générale fait la part belle à la réduction des coûts et à la croissance
- La coûteuse ardoise de la frilosité des épargnants français
- Axa place la conquête au coeur de son nouveau plan stratégique
- Les banques ne seront pas désintermédiées, elles seront tokenisées
Contenu de nos partenaires
-
AgismeAu Maroc, des élections législatives sans jeunes
Le pays vote mercredi pour renouveler le Parlement, mais les revendications de la jeunesse exprimées pendant le mouvement Gen Z 212, et rappelées après les événements de Ceuta, sont totalement passées au second plan -
OusteLoyers impayés : le ras-le-bol des propriétaires
Face à la hausse des loyers impayés, certains propriétaires bailleurs paient leurs locataires pour les voir quitter les lieux. Plutôt que de subir de longues procédures judiciaires... -
Les bons comptes...Au procès de Rachida Dati, les confessions d'une eurodéputée intermittente
La maire du 7ᵉ arrondissement et ancienne ministre de la Justice, jugée pour avoir perçu 900 000 euros entre 2010 et 2012 de Renault-Nissan, assure qu'elle était l'avocate du constructeur mais certainement pas eurodéputée-lobbyste