L’Europe centrale tente d'éviter le «credit crunch»
L’initiative de Vienne fait son retour. La Commission européenne, les bailleurs de fonds internationaux (Berd, FMI, etc.) et les superviseurs bancaires se sont réunis les 12 et 13 mars pour relancer le processus déjà mis en place en 2009 au plus fort de la crise financière. L’objectif? Eviter un credit crunch en Europe centrale et orientale, résultat d’une réduction trop rapide et massive des bilans des prêteurs étrangers, qui contrôlent le marché bancaire.
Les participants à la réunion se sont notamment penchés sur deux dossiers : les effets des règles de Bâle 3 et le traitement des créances douteuses. Ils ont aussi réaffirmé quelques principes, comme la libre circulation de la liquidité bancaire entre membres de l’Union européenne et la nécessité d’une coopération ex ante entre autorités de supervision.
L’allusion à l’Autriche est claire. En demandant publiquement cet automne à ses banques de plafonner leurs nouveaux prêts dans les pays d’Europe centrale, Vienne avait créé la polémique (Lire L’Agefi Quotidien du 22 novembre 2011).
Hier, les superviseurs autrichiens ont d’ailleurs publié une deuxième mouture de leurs règles de solvabilité et de liquidité, moins radicale. Dans la version de novembre, les filiales des banques autrichiennes présentes en Europe centrale ne devaient pas afficher de ratio de nouveaux prêts sur ressources locales supérieur à 110%. Observations à l’appui, le superviseur continue à considérer que le seuil de 110%, appliqué à la fois au stock d’encours et à la production nouvelle, «contribue à la vulnérabilité en situation de crise».
Mais le suivi des ratios de prêts sur ressources locales «sera discuté ouvertement avec les superviseurs nationaux compétents dans le cadre de la coopération du collège des superviseurs, afin de déterminer quelles mesures contraignantes sont nécessaires», précisent les deux institutions. L’outil de suivi des ratios ne sera pas appliqué si rien ne s’oppose à des transferts de liquidité entre mère et filiale, et s’il existe des accords de partage d’effort financier entre les autorités des pays concernés.
Les règles s’appliquent à Erste Group, Raiffeisen et UniCredit Bank Austria, à l’envergure internationale. Les banques autrichiennes avaient 69 filiales en Europe centrale et orientale à fin juin 2011, pour un total d’actifs de 269 milliards d’euros et un financement assuré à 48,3 milliards d’euros par la maison mère.
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