L’Espagne limite le coût du sauvetage bancaire pour les petits épargnants
Appelées à recevoir 37 milliards d’euros d’aides publiques, Bankia, Nova CaixaGalicia, Catalunya Banc et Banco de Valencia feront payer comme prévu leurs créanciers subordonnés. Mais le gouvernement se retrouve face à un dilemme: nombre de ces titres ont été vendus à de petits épargnants espagnols. Trop élevée, la décote amputera directement la richesse des ménages; trop basse, elle fera porter l’essentiel du fardeau bancaire sur le contribuable.
Madrid a semble-t-il opté pour la deuxième solution. Bankia et sa maison-mère Banco Financiero de Ahorros, par exemple, ont dévoilé la semaine dernière comment elles comptaient faire participer leurs créanciers juniors à leur sauvetage. Les titres pourront être échangés en actions, à un ratio moyen de 54% du nominal pour la dette perpétuelle subordonnée, de 61% pour les participations préférentielles, et de 86% pour la dette subordonnée datée. Or, ces deux derniers types d’instruments sont plus spécifiquement détenus par les particuliers, alors que le premier est aux mains des investisseurs institutionnels.
Pour les quatre banques nationalisées, la Banque d’Espagne a précisé que le «régime particulier» appliqué aux dettes subordonnées datées permettrait aux porteurs de récupérer, en moyenne, 90% du nominal lors de l’échange en actions. Un échange en obligations zéro coupon sera aussi possible, mais il sera moins favorable que la première option.
«Les décotes sur les offres d’échange sont étonnamment faibles alors que celles-ci étaient censées minimiser le montant des injections d’argent public en capital, notent les analystes de CreditSights. Cela reflète la forte détention d’actions préférentielles et de dette subordonnée datée par les particuliers». L’Irlande avait appliqué des décotes d’environ 80% aux créanciers de ses banques.
Résultat, BFA-Bankia prévoit d’engloutir 18 milliards d’euros de fonds publics en 2012, dont 4,5 milliards ont déjà été versés, pour éponger une perte annuelle estimée à 19 milliards. L’effort des créanciers juniors aboutirait à créer 6,5 milliards d’euros de capital si 100% de la dette subordonnée est convertie en actions.
Les conditions des offres d’échange restent cependant à finaliser avec la Commission européenne. Bruxelles aura le dernier mot dans le cadre du plan d’aide de 39,5 milliards accordé cette semaine à l’Espagne pour renflouer ses banques.
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