Les syndicats de Covéa s’organisent pour réclamer des hausses de salaires conséquentes
Les organisations syndicales représentatives changent de braquet chez Covéa. Réunies en intersyndicale, la CFDT, la CGT, l’Unsa, la CFE-CGC et la CFTC ont lancé une pétition en fin de semaine dernière, qui avait déjà dépassé 5.000 signatures mardi soir sur les 21.000 salariés que compte le groupe en France, pour réclamer un geste plus important de la direction sur les négociations annuelles obligatoires (NAO) pour 2023. Cette dernière a proposé des augmentations générales comprises entre 1,5% et 2,7% lors de la première réunion du 1er décembre, accompagnées, notamment, d’une prime de partage de la valeur (PPV) de 550 à 1.000 euros. «Ces propositions d’augmentations générales, que nous ne pouvons accepter, sont trop faibles. En outre, les raisons d’une prime de partage de la valeur ajoutée inversement proportionnelle aux hausses générales seraient très compliquées à expliquer aux salariés et surtout injustes. Nous voulons 1.000 euros pour tous le 15 décembre», explique Eric Garreau, délégué syndical central CFDT.
Vers une grève ?
Les cinq organisations se sont entendues sur des revendications communes. Centrées autour d’augmentations générales «conséquentes» pour tous, elles incluent aussi cette PPV, des «dispositifs concrets d’amélioration des conditions de travail » et une clause de revoyure de l’accord pour 2023. «C’est à la direction de prendre ses responsabilités pour assurer des hausses collectives dignes de ce nom et une prime de partage de la valeur qui permettent de solder le différentiel d’inflation après les hausses générales obtenues en 2022», estime Eric Garreau. Alors que les revendications sur les hausses générales évoluent selon les organisations de 10% (CGT) à 5,9% (CFDT), la question des conditions de travail est aussi hétérogène. Alors que la CGT et la CFE-CGC voudraient expérimenter la semaine des quatre jours, la CFDT entend améliorer l’accord de télétravail et revoir les modes d’organisation des centres de gestion de sinistres.
Interrogé, Covéa n’a pas souhaité commenter nos informations. Une deuxième réunion NAO et temps de travail est prévue ce jeudi avant une troisième réunion le 15 décembre. «L’intersyndicale ira jusqu’au bout de sa démarche. La CFDT a toujours été un partenaire constructif, mais nous pourrions accompagner une action au cran supérieur si nos attentes ne sont pas entendues», prévient Eric Garreau, qui s’interroge : «Comment le premier groupe mutualiste en France pourrait faire moins bien que des sociétés capitalistes?».
Des PPV élevées chez les bancassureurs
Si la menace d’une grève plane sur le premier assureur de biens et de responsabilité en France, qui regroupe Maaf, MMA, GMF et le réassureur PartnerRe, c’est aussi parce que d’autres groupes ont donné des idées aux syndicats de la place. A commencer par Axa France où un accord majoritaire a été signé avec la CFE-CGC et l’UDPA sur une augmentation générale de 3,5% pour les non-cadres, avec un minimum de 1.200 euros, et de 3% pour les cadres avec un maximum de 1.800 euros. Une enveloppe complétée, notamment, par un budget d’augmentation individuelle compris entre 1,5% et 2% et d’une prime de partage de la valeur de 1.000 euros pour les salariés gagnant moins de 65.000 euros par an. Mais aussi Groupama où une signature unanime a permis d’obtenir des hausses générales de 4%, les premières depuis dix ans, avec un montant minimum de 1.400 euros de hausse, et des augmentations individuelles de 1,5% la masse salariale.
Les bancassureurs se distinguent avec des primes de partage de la valeur élevées. Les salariés des Assurances du Crédit Mutuel sont compris dans l’accord signé fin novembre par l’Alliance Fédérale qui prévoit une augmentation générale des salaires de 3%, avec un plancher de 1.200 euros, et une PPV de 3.000 euros versés en novembre. Pour Société Générale Assurances, les hausses générales sont de 1.300 euros bruts annuels pour les salaires jusqu’à 60.000 euros et 1.000 euros au-dessus, l’enveloppe d’augmentations individuelles atteint 2,3% de la masse salariale et la PPV 1.700 euros.
De quoi donner des idées aux syndicats de Crédit Agricole Assurances, de CNP Assurances ou encore de Generali France, où les négociations sont en cours ou doivent bientôt commencer.
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