Le numéro un mondial de la gestion de fortune tire parti de sa faible exposition à la banque de détail. Sur le départ, son patron Sergio Ermotti donne des gages aux actionnaires.
Publié le
Amélie Laurin
UBS à Bâle en Suisse
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photo UBS.
C’est une sortie en beauté pour Sergio Ermotti. A quelques semaines de son départ, le directeur général d’UBS a annoncé hier un doublement des profits de la première banque suisse, sur un an glissant. Le bénéfice net atteint 2,1 milliards de dollars (1,79 milliard d’euros), au plus haut depuis 10 ans pour un troisième trimestre et bien au-dessus des attentes des analystes. Cette performance est liée à une croissance inattendue des profits dans la gestion de fortune et au rebond des activités de trading dans lesquelles UBS a bénéficié, comme ses homologues américaines, de la volatilité engendrée par la crise du Covid-19.
Première grande banque européenne à publier ses résultats trimestriels, UBS n’est pas représentative du secteur. Numéro un mondial de la gestion privée, avec des encours record de 2.754 milliards de dollars, le groupe est seulement présent en banque de détail sur le petit marché suisse, quand ses pairs sont davantage exposés à ces activités. Or le métier est pris en étau entre, d’un part, la crise sanitaire qui a entraîné de lourdes provisions sur les portefeuilles de crédits au premier semestre, et d’autre part, un modèle d’affaires à bout de souffle, bousculé par les taux bas et le numérique.
«Nos résultats du troisième trimestre continuent de démontrer que notre stratégie nous différencie», a déclaré Sergio Ermotti, qui sera remplacé en novembre par l’ancien patron d’ING, Ralph Hamers. En poste depuis neuf ans, le dirigeant sortant a en partie désensibilisé la banque d’investissement d’UBS aux risques de marchés, et poussé les feux dans la gestion de fortune.
Mais sa réussite opérationnelle ne se traduit pas dans le cours de Bourse. A quatre années de hausse ont succédé cinq années de baisse. Aujourd’hui, le titre UBS dépasse de peu son niveau de fin 2011, sachant que plusieurs gros sujets restent en suspens. A commencer par le rôle du groupe dans la consolidation du secteur, après des rumeurs de fusion avec Credit Suisse. Sans oublier l’amende de 4,5 milliards d’euros pour blanchiment de fraude fiscale en France, dont le procès en appel a été repoussé.
Pour séduire ses actionnaires, UBS a mis de côté 1,5 milliard de dollars en vue de réaliser l’an prochain des rachats d’actions, copiant ainsi la pratique des banques américaines. Le groupe a aussi accumulé 1 milliard pour son dividende 2020 et le deuxième versement de 2019 aura lieu en novembre. Une exception en Europe, où les régulateurs de la zone euro et du Royaume-Uni ont banni les dividendes cette année.
La banque néerlandaise a révélé des résultats trimestriels supérieurs aux attentes grâce notamment à une solide exécution de son plan d’économies. L’action rebondit fortement.
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