Les résultats d’Arkéa appuient ses velléités d’indépendance
Les résultats d’Arkéa étoffent l’argumentaire développé par la branche dissidente du Crédit Mutuel pour quitter le giron du groupe bancaire. Arkéa, qui regroupe les fédérations de Bretagne, du Sud-Ouest et du Massif Central, a publié hier un bénéfice net en hausse de 2,1% sur un an, au titre de 2018, à 437 millions d’euros, son plus haut niveau jamais atteint. Record historique également pour le PNBA (produit net banque assurance), ressorti à 2,15 milliards d’euros l’an dernier, en progression de 2,7%.
«Une large partie de notre portefeuille d’activités n’est pas corrélée à l’évolution des taux», dont la faiblesse lamine les marges d’intérêts des banques européennes depuis des années, a expliqué Jean-Pierre Denis, président d’Arkéa, lors d’un point presse. La diversification du groupe ces dernières années a en effet ramené le poids de la banque de détail dans son PNBA à 44%. Près d’un quart des revenus d’Arkéa proviennent de l’assurance et de la gestion d’actifs, des métiers générateurs de commissions.
Sur le front de la solvabilité, Arkéa affichait un ratio CET1 de 17,5% fin 2018, «le meilleur de la place depuis plusieurs années», affirme Jean-Pierre Denis. Il a toutefois diminué de 1 point en l’espace d’un an, en raison de la norme IFRS 9et de l’augmentation des fonds propres nécessitée par la hausse de 11% des encours de crédit, l’an dernier. «Notre conquête brute a été très forte durant une année 2018 pourtant marquée par un discours anxiogène sur le groupe», a insisté Jean-Pierre Denis, en référence à la procédure de désaffiliation lancée en janvier 2018 par Arkéa.
Dernier rebondissement en date dans cette guerre fratricide entre la banque et la Confédération nationale du Crédit Mutuel (CNCM), le conseil d’administration de cette dernière a approuvé le 18 février une décision de caractère général (DCG) définissant un cadre juridique pour la désaffiliation de caisses. Une DCG par laquelle «la confédération reconnaît enfin le principe même du droit à désaffiliation de chacune des caisses locales du groupe Arkéa».
Selon une source proche du dossier, le document élaboré par Arkéa sur les modalités et les conséquences juridiques, financières et opérationnelles de sa désaffiliation est en cours de finalisation. Il sera ensuite soumis aux avis de la BCE, de l’ACPR et de la CNCM, préalables indispensables avant sa présentation au vote des administrateurs des caisses concernées. Lesquelles lanceront ensuite chacune une demande de désaffiliation.
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