Les provisions pèsent sur les résultats des banques espagnoles
Obligées de mettre de côté des provisions pour couvrir les actifs immobiliers, elles affichent toutes des résultats en forte baisse
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Isabelle Birambaux, à Madrid
Les pires performances ont été enregistrées chez Banco Popular qui a annoncé des pertes de 2,46 milliards d’euros. Selon Maclovio Piña, analyste senior chez Morningstar, «Banco Popular a été particulièrement touchée car elle est plus exposée aux problèmes économiques de l’Espagne». Mais les autres groupes bancaires n’ont pas été épargnés: le numéro un de la zone euro, Banco Santander a vu son bénéfice annuel chuter de 59% à 2,2 milliards d’euros, tandis que BBVA a vu le sien se replier de 44% à 1,67 milliards d’euros. De son côté, Caixabank a accusé une dégringolade de son bénéfice net de 78% à 230 millions d’euros.
Ces mauvais résultats sont notamment liés aux lourdes provisions exigées par le gouvernement espagnol pour couvrir les risques sur l’immobilier. 80 milliards d’euros pour l’ensemble du secteur. Sur les quatres banques, trois d’entre elles ont rempli à 100% les exigences du gouvernement et ont réalisé des provisions pour les créances douteuses. 18,8 milliards d’euros chez Santander, 9 milliards d’euros chez BBVA et Banco Popular et 10,3 milliards d’euros pour Caixabank. Cette dernière n’a réussi qu’à satisfaire qu’à 87% des provisions requises mais a absorbé cette année Banca Civica et Banco de Valencia.
Le président du groupe Isidro Fainé reste optimiste et pense que 2013 sera une meilleure année. Mais les experts sont sceptiques pour l’ensemble du secteur. Maclovio Piña croit que «les provisions ordinaires continueront à être élevées parce qu’aucun établissement ne souhaite réduire son ratio de couverture des encours douteux». Le taux de ces créances douteuses est particulièrement inquiétant: selon la Banque d’Espagne, il atteignait début janvier le record de 11,38% à 191, 630 milliards d’euros, alors qu’en mai dernier, il se situait à 6,48%. BBVA a ainsi mis de côté 5,1 milliards d’euros pour provisionner son portefeuille de crédits. «La situation en Espagne continue à être difficile et les créances douteuses continuent leur tendance à la hausse», souligne Maclovio Piña. Chez Caixabank, ce taux a augmenté de 4,9% à 8,6%, BBVA à 5,1%, Santander à 4,5% et chez Banco Popular, les impayés sont passés de 5,99% à 8,98%.
2013 sera une année compliquée pour les banques, prévoient les experts, «même si les résultats s’amélioreront», selon Miguel Angel Bernal, professeur d’économie à l’Institut d’Etudes Boursières. Pour Maclovio Piña, ce sont surtout celles qui ont une forte exposition internationale qui réussiront à tirer leur épingle du jeu.
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