Les propositions du Comité de Bâle sont jugées trop sévères
Le plancher d’exigences en fonds propres proposé pèserait tant sur les banques qu’il a de fortes chances d’être retoqué.
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Jade Grandin de l’Eprevier
L’association European Savings and Retail Banking Group (ESBG) représente une vingtaine de banques européennes.
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Le Comité de Bâle est parfois si sévère que les analystes jugent ses propositions irréalistes. Celle, notamment, qui vise les banques utilisant des modèles internes, et qui leur demande d’instaurer un plancher de fonds propres (dit output floor) de 75% des actifs pondérés par le risque (RWA) calculés selon la méthode standard, d’ici à 2025.
Si les grandes banques américaines sont «toutes bien au-delà» de ce plancher aujourd’hui et ne seraient donc pas affectées, comme le souligne KBW dans une note du 13 décembre, ce n’est pas le cas des banques européennes, qui ont presque toutes recours à des modèles internes. Selon les analystes de Citi, elles verraient leurs RWA augmenter de 17%, ce qui reviendrait à entamer de 1,9% (190 pb) leurs ratios agrégés de fonds propres durs (CET 1). ABN Amro serait la plus touchée avec une baisse de 5,10% de son ratio CET 1. Lloyds, RBS et Deutsche Bank verraient le leur baisser de 2,80%.
Selon Bank of America Merrill Lynch (BAML), les RWA augmenteraient de 15% en Espagne, de 20% en France et au Royaume-Uni, de 30% en Allemagne et de 35% en Suède. A quoi il faut ajouter l’augmentation des exigences en capital liées aux portefeuilles de trading et aux risques opérationnels. La trésorerie disponible du système bancaire pourrait être amputée de plus d’un tiers. Selon Credit Suisse, la capacité de crédit pourrait baisser de 8.000 milliards d’euros (20%) dans les années à venir.
Ce problème est «essentiellement européen» expliquent les analystes de BAML, car aux Etats-Unis, les prêts de meilleure qualité sont financés sur le marché obligataire ou bien agrégés par Fannie Mae et Freddie Mac. Or, «l’écart entre le modèle interne et le modèle standard de calcul des RWA est à son maximum pour des portefeuilles de très bonne qualité», poursuivent-ils, en donnant pour exemple un comparatif mené sur les actifs de BNP Paribas.
L’association European Savings and Retail Banking Group (ESBG), qui représente une vingtaine de banques européennes dont BPCE, a dénoncé dans un communiqué publié le 14 décembre une proposition «purement et simplement dangereuse pour les banques européennes». Pour elle, «n’importe quel plancher au-dessus de 60% ferait augmenter significativement les exigences en fonds propres» des établissements.
Credit Suisse et BAML doutent que le plancher à 75% sera maintenu lors de la réunion du GHOS (governors and heads of supervision) du 8 janvier 2017. Citi pense que d’autres exigences pourraient être réduites pour le contrebalancer.
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