Fannie Mae et Freddie Mac restent un casse-tête pour le Trésor américain
En cas de nouvelle crise, les deux agences, dont la réforme tarde, auraient besoin de 190 milliards de dollars de capital, selon un «stress test»
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Alexandre Garabedian
Voilà de quoi alimenter les vifs débats en cours aux Etats-Unis sur l’avenir de Fannie Mae et Freddie Mac. La Federal Housing Finance Authority (FHFA), tutelle des deux agences de refinancement hypothécaires, a publié le 30 avril le résultat de leurs tests de résistance. L’exercice, fondé sur les mêmes hypothèses que celles de la Réserve fédérale pour le secteur bancaire, est devenu obligatoire depuis le vote de la loi Dodd-Frank.
Dans le pire des scénarios, une chute des prix de l’immobilier américain de 25% d’ici à fin 2015, Fannie Mae et Freddie Mac auraient besoin d’injections en capital supplémentaires de 84,4 à 190 milliards de dollars. La différence entre les deux évaluations provient du traitement comptable de leurs actifs d’impôt différé. Sauvées en 2008 de la faillite, les deux agences ont reçu 187,5 milliards de dollars du Trésor américain. Elles disposent encore d’un droit de tirage de 258 milliards sous forme d’actions de préférence qui couvrirait donc les besoins identifiés par les tests.
«Ces résultats ne sont pas surprenants compte tenu de notre base limitée en capital. Selon les termes de l’accord sur les actions de préférence, Fannie Mae n’a pas le droit de mettre ses résultats en réserve pour faire face à un choc économique soudain», a rappelé un porte-parole de l’entreprise. Les deux agences, qui refinancent la plupart des prêts hypothécaires accordés par les banques, reversent en effet leurs résultats à l’Etat. A fin mars, le cumul de ces remontées de dividendes approchait 203 milliards. Grâce au rebond immobilier, Fannie Mae et Freddie Mac ont enregistré en 2013 un bénéfice net respectif de 84 milliards et 48,7 milliards.
En rythme de croisière, le Trésor américain continuerait à prélever sa dîme. La FHFA a pratiqué trois autres tests à partir de scénarios plus doux, allant d’une baisse de 2% des prix à une hausse de 13% d’ici à fin 2015. Les deux agences reverseraient alors 36 à 54 milliards de dollars de plus à l’Etat.
Le scénario du pire a poussé la semaine dernière les partisans d’une réforme des agences à donner de la voix. La commission des affaires bancaires du Sénat planche sur un projet bipartisan qui substituerait en cinq ans aux agences une garantie fédérale plus limitée, avec mise à contribution prioritaire du secteur privé en cas de crise. Mais elle a repoussé l’examen du texte le 29 avril, faute de soutien suffisant des démocrates.
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