Fannie Mae et Freddie Mac restent un casse-tête pour le Trésor américain
Voilà de quoi alimenter les vifs débats en cours aux Etats-Unis sur l’avenir de Fannie Mae et Freddie Mac. La Federal Housing Finance Authority (FHFA), tutelle des deux agences de refinancement hypothécaires, a publié le 30 avril le résultat de leurs tests de résistance. L’exercice, fondé sur les mêmes hypothèses que celles de la Réserve fédérale pour le secteur bancaire, est devenu obligatoire depuis le vote de la loi Dodd-Frank.
Dans le pire des scénarios, une chute des prix de l’immobilier américain de 25% d’ici à fin 2015, Fannie Mae et Freddie Mac auraient besoin d’injections en capital supplémentaires de 84,4 à 190 milliards de dollars. La différence entre les deux évaluations provient du traitement comptable de leurs actifs d’impôt différé. Sauvées en 2008 de la faillite, les deux agences ont reçu 187,5 milliards de dollars du Trésor américain. Elles disposent encore d’un droit de tirage de 258 milliards sous forme d’actions de préférence qui couvrirait donc les besoins identifiés par les tests.
«Ces résultats ne sont pas surprenants compte tenu de notre base limitée en capital. Selon les termes de l’accord sur les actions de préférence, Fannie Mae n’a pas le droit de mettre ses résultats en réserve pour faire face à un choc économique soudain», a rappelé un porte-parole de l’entreprise. Les deux agences, qui refinancent la plupart des prêts hypothécaires accordés par les banques, reversent en effet leurs résultats à l’Etat. A fin mars, le cumul de ces remontées de dividendes approchait 203 milliards. Grâce au rebond immobilier, Fannie Mae et Freddie Mac ont enregistré en 2013 un bénéfice net respectif de 84 milliards et 48,7 milliards.
En rythme de croisière, le Trésor américain continuerait à prélever sa dîme. La FHFA a pratiqué trois autres tests à partir de scénarios plus doux, allant d’une baisse de 2% des prix à une hausse de 13% d’ici à fin 2015. Les deux agences reverseraient alors 36 à 54 milliards de dollars de plus à l’Etat.
Le scénario du pire a poussé la semaine dernière les partisans d’une réforme des agences à donner de la voix. La commission des affaires bancaires du Sénat planche sur un projet bipartisan qui substituerait en cinq ans aux agences une garantie fédérale plus limitée, avec mise à contribution prioritaire du secteur privé en cas de crise. Mais elle a repoussé l’examen du texte le 29 avril, faute de soutien suffisant des démocrates.
Plus d'articles du même thème
-
HighLife réunit un syndicat de premier plan contre une cause majeure d'insuffisance cardiaque
La medtech parisienne lève 80 millions d'euros pour accélérer le développement de sa valve mitrale, qui vient d'obtenir le marquage CE. Les investisseurs, emmenés par quatre fonds français, visent à rééditer le succès de CoreValve, rachetée pour plus de 700 millions de dollars. -
Steffen Meister (Partners Group) : « Le plafonnement des flux de rachat des fonds evergreen n’est pas une anomalie »
AVK, Aroma-Zone et bientôt un nouvel Eltif dédié aux infrastructures : le président exécutif de Partners Group explique comment le fonds suisse multiplie les paris sur les transformations structurelles, tout en adaptant sa stratégie au nouveau cycle du private equity. -
KIC chercherait à céder plus d'un milliard de dollars de private equity
Le fonds souverain sud-coréen aurait mandaté la banque d'affaires PJT Partners pour explorer la vente de plus d'un milliard de dollars de participations en capital-investissement, selon des sources proches du dossier. -
DWS envisage des mesures restrictives pour ses fonds immobiliers allemands
DWS, la société de gestion de Deutsche Bank, envisage des mesures d’urgence pour éviter une crise de liquidité au sein de trois de ses fonds immobiliers allemands, rapporte le Financial Times. Cela intervient alors qu’une vague de retraits d’investisseurs fait peser une pression croissante sur le secteur allemand des fonds immobiliers, qui pèse plus de 100 milliards d’euros. Les trois fonds ouverts « Grundbesitz » de DWS ont versé au total 6 milliards d’euros à leurs investisseurs (soit environ la moitié de leur encours sous gestion) depuis 2022, les contraignant à céder pour 4,5 milliards d’euros de biens immobiliers et à pousser leur endettement vers les limites réglementaires, selon les informations publiées par ces fonds. DWS envisage désormais de limiter les rachats ou d’imposer des pénalités aux investisseurs sortants, dans le cadre des nouvelles règles européennes, selon des personnes proches du dossier. -
Apprentis d’Auteuil veut faire de la dépense sociale un investissement
La fondation Apprentis d’Auteuil vient de fêter ses 160 ans d’existence en 2026. Fondée par l’abbé Roussel, cette fondation reconnue d'utilité sociale (FRUP) en 1929 accompagne aujourd’hui 40.000 jeunes en difficulté à qui elle s’efforce d’offrir un tremplin solide vers la vie active, explique son directeur général Jean-Baptiste de Chatillon à L’Agefi. -
Les détenteurs d'actifs placent les infrastructures en tête de leurs intentions d'allocation
Selon le baromètre 2026 de Marsh, l'IA et la rupture technologique comptent parmi les enjeux qui pèseront le plus sur les décisions de portefeuille, tandis que l'usage interne de l'IA reste rarement encadré à l'échelle de l'organisation.
ETF à la Une
Les particuliers français propulsent la collecte des ETF européens vers un nouveau record
- Léa Dunand-Chatellet (Mirova) : «Nous voulons passer d'un acteur intermédiaire à un vrai leader»
- Amundi réorganise ses relations clients institutionnels et sa distribution
- Le métier titres de BNP Paribas réorganise son département dédié aux actifs numériques
- La donnée ESG s'impose comme un levier stratégique dans les entreprises
- Les particuliers français propulsent la collecte des ETF européens vers un nouveau record
Contenu de nos partenaires
-
ContradictionsViolences sexuelles : qui pour juger les viols ?
En commission, les députés débutent l'examen de la loi intégrale sur les violences sexuelles. La création de juridictions spécialisées dans ces affaires pourrait ankyloser davantage une justice déjà critiquée pour sa lenteur -
Catalogués« Il faut lutter contre les professionnels de l'impayé ! » : Vincent Jeanbrun veut un fichier des locataires mauvais payeurs
Le ministre du Logement s'est dit à plusieurs reprises favorable à une sorte de fichier pour ceux qu'il surnomme « les professionnels de l'impayé ». Il dit s'inspirer du modèle québécois, effectivement plus protecteur du droit de propriété -
AgismeAu Maroc, des élections législatives sans jeunes
Le pays vote mercredi pour renouveler le Parlement, mais les revendications de la jeunesse exprimées pendant le mouvement Gen Z 212, et rappelées après les événements de Ceuta, sont totalement passées au second plan