Les investisseurs récompensent les banques scandinaves
Le récent – et relatif – regain de confiance des investisseurs dans les grandes banques européennes a occulté les performances des principaux établissements scandinaves. Les cours de Bourse de Swedbank et de Svenska Handelsbanken (SHB), qui ont publié leurs comptes du troisième trimestre hier et lundi, se sont respectivement appréciés de 35% et de 29% depuis le début de l’année – alors que l’indice Bloomberg couvrant le secteur n’a progressé que de 16%.
L’attrait vis-à-vis de ces valeurs s’est encore trouvé justifié par les résultats publiés. Swedbank affiche un bénéfice net de 3,51 milliards de couronnes suédoises (408 millions d’euros), supérieur aux attentes. SHB a annoncé un résultat record à cette période de l’année de 377 millions d’euros – même si la banque a déçu en raison d’un recul des revenus par rapport au deuxième trimestre.
Vingt ans après avoir subi une crise catastrophique, les banques scandinaves ont été peu touchées par celle de la zone euro, qui a miné les valorisations boursières de leurs rivales. «Les banques suédoises en particulier ont bénéficié de la fermeté de leur superviseur national, plus sévère que les futures règles prudentielles internationales de Bâle 3», précise Christophe Nijdam, analyste chez Alphavalue. La banque centrale suédoise Riksbank exige pour ses banques principales un ratio de fonds propres core equity tier one de 10% fin 2012 et de 12% fin 2015. Elles s’y préparent et affichent de ce fait des ratios inégalés sous Bâle 2 (17,9% pour SHB et 17,3% pour Swedbank au 30 septembre). En termes de liquidité, la Riksbank veut appliquer un ratio LCR de 100% devise par devise, dès 2013.
Ces éléments ont été déterminants dans les stratégies défensives des investisseurs pendant la crise de l’été 2011. D’autant plus qu’ils n’ont pas entamé le rendement des fonds propres (RoE) de ces établissements, contrairement aux autres banques européennes. Par exemple, le RoE de Swedbank atteint 14,1% et celui de SHB dépasse les 13% au troisième trimestre.
Les banques de la région portent néanmoins un risque spécifique lié à la bulle immobilière, qui a justifié la dégradation de neuf institutions danoises par Moody’s en mai. «Le risque immobilier en Suède est moins avéré qu’au Danemark. En outre, il est identifié: le ministre des finances a appelé les banques à la vigilance», rappelle Christophe Nijdam. Les établissements danois sont en outre plus mono-dépendants à l’économie allemande.
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