Les grandes banques européennes évoquent des freins à leur développement sur le Vieux Continent
L’inquiétude persiste au sein des poids lourds du secteur bancaire européen. Un document de travail publié cette semaine par la Commission européenne met en évidence les contraintes qui pèsent sur leur expansion en Europe. Fruit d’une enquête auprès de huit grandes banques paneuropéennes, représentant environ un cinquième des actifs totaux du secteur à la fin 2009 et affichant une présence significative dans au moins cinq pays européens autres que leur marché domestique, le rapport cite une «incertitude générale» concernant les développements réglementaires relatifs aux institutions financières d’importance systémique (SIFI) ou les ratios de liquidités.
Le Conseil de stabilité financière continue de plancher sur la définition d’une liste des établissements appartenant à cette catégorie. La Commission européenne a de son côté signalé en janvier qu’elle travaillait sur l'élaboration de mesures spécifiques, incluant les créanciers obligataires seniors, afin que les contribuables ne soient plus mis à contribution pour le sauvetage d'établissements jugés trop gros pour faire faillite («too big to fail»). Les acteurs interrogés s’inquiètent également des efforts nationaux de régulation qui pourraient «entraver le libre mouvement transfrontalier de la liquidité».
Selon cette enquête, les participants qui se sont financés sur une base coordonnée mais décentralisée durant la crise ont connu une meilleure stabilité que ceux qui l’avaient fait de manière centralisée. Ce dernier mode représente néanmoins les trois quarts des établissements interviewés. «Reflétant partiellement cela, tous les sondés ont cherché à accroître leur dépendance au financement local, en particulier pour les dépôts de particuliers et les covered bonds (obligations sécurisées). Cependant, certains ont relevé que les flux intra-groupes restent un canal important pour financer leurs filiales», peut-on lire. A l’inverse de leur mode de financement, la gestion du risque au sein de ces groupes bancaires est devenue plus centralisée. «Dans les faits, une combinaison entre un financement décentralisé et une gestion du risque intégrée a contribué substantiellement à une forme de résilience durant les crises systémiques», souligne le texte de la Commission.
Plus d'articles du même thème
-
«Les taux sont déjà plutôt restrictifs en zone euro et notamment en France»
Marc Brütsch, chef économiste de Swiss Life AM. -
« Wall Street s’inquiète peut-être, mais Main Street va bien »
Florian Ielpo, responsable de la recherche macroéconomique chez Lombard Odier IM. -
«Notre vision plus constructive reflète une amélioration de l’éventail des opportunités»
Felix Freund, responsable du crédit des marchés développés chez Aberdeen Investments.
ETF à la Une
Defiance lance le premier ETF Ucits dédié aux «Sept Magnifiques»
- Crédit Mutuel Arkéa avoue être victime d'une cyberattaque historique
- Jean-Pierre Thomas (TVI) : «Il n’y a pas de dossier Thomas Vendôme Investment mais un dossier Malakoff Humanis»
- La Société Générale supprime des postes dans sa banque de détail et ses services titres
- Les gérants confirment leur confiance dans les marchés actions américains
- Pour les banques françaises, la défaite de Donald Trump éclipse une décision de Fitch
Contenu de nos partenaires
-
Radicalement centristesMidterms : chez les démocrates, les socialistes ont fait du bruit, les modérés ont fait la différence
Les candidats du courant socialiste ont fait du bruit tout au long de la campagne des midterms et quadruplé leur nombre au Capitole. Mais, selon notre analyse, la future majorité démocrate à la Chambre sera dominée par l'aile modérée -
A domicileA Hénin-Beaumont, terre RN, la colère sans la rue
Dans le fief du RN, la colère contre la vie chère est partout, sauf dans la rue. Résignation, ressentiment contre ceux qui seraient trop aidés, attente d’une alternance électorale… les frustrations individuelles ne se transforment pas en mobilisation -
Allemagne : l'absence de Merz à la COP31 provoque la colère des militants pro-climat
Le chef du gouvernement allemand, présent l'an dernier à la conférence organisée au Brésil, avance des « problèmes d'agenda »