Les banques minorent l’intérêt de leurs cessions en recourant au crédit-vendeur
Accélérer les cessions d’actifs sous la pression des marchés et de la réglementation est une chose, trouver des acquéreurs solvables, en ces temps où le financement est rare, en est une autre. Afin de faciliter la conclusion des transactions, certains favorisent les crédits-vendeurs.
Selon plusieurs sources citées par Bloomberg, deux opérations de taille importante ont lieu en ce moment. RBS serait prêt à accorder jusqu’à 600 millions de livres sterling (700 millions d’euros) à Blackstone pour que ce dernier lui achète un portefeuille d’actifs de 1,5 milliard de livres, composé de créances hypothécaires commerciales. Les deux parties souhaitent conclure la transaction dans les semaines à venir. Par ailleurs, Apollo Global Management aurait bénéficié d’un montage similaire – d’un montant inconnu – de la part de Credit Suisse, dans le cadre de l’acquisition d’un portefeuille de prêts immobiliers d’une valeur nominale de 2,8 milliards de dollars (2,1 milliards d’euros).
BPCE a eu recours à cette technique ces derniers temps: pour la cession des principaux actifs de Natixis Private Equity (PE) à Axa PE, en 2010, et lors de la vente de sa filiale de services immobiliers Foncia à Eurazeo et Bridgepoint en mai dernier. Dans cette dernière opération, la banque mutualiste a notamment souscrit à une émission d’obligations remboursables en actions de 100 millions d’euros.
Si cette technique facilite la vente, elle limite en même temps l’intérêt de l’opération : libérer du capital réglementaire pour renforcer le ratio de solvabilité. La réglementation internationale oblige en effet les banques à atteindre un ratio de fonds propres durs core tier one de 9% au minimum dès l’année prochaine. Le «deleveraging» (réduction de la taille du bilan) à la mode depuis l’été promet donc d’être plus lent que prévu.
Du point de vue de l’acquéreur, l’intérêt d’un crédit-vendeur est double: il lui permet bien entendu de boucler son financement quand les banques et les investisseurs de marché se font réticents, mais aussi d’instaurer un relatif alignement d’intérêt rassurant. D’autres sociétés de gestion choisissent de contracter une dette auprès d’autres banques, comme Axa PE dans l’acquisition d’un portefeuille de participations de fonds de capital-investissement de Citigroup. Cette tactique n’est pas sans risque, puisqu’elle consiste à ajouter de la dette à des actifs en général déjà soumis à du levier.
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