Les banques chinoises sous-estiment le poids de leurs encours douteux
Le nouveau secrétaire général du Parti communiste chinois, Xi Jinping, appelé à diriger la deuxième puissance économique mondiale pour les cinq prochaines années, aura fort à faire pour purger le système bancaire du pays des excès du plan de relance massif mis en place à la suite de la crise financière de 2008.
Un rapport provenant de China Orient Asset Management, l’une des quatre «bad bank» créées par Pékin pour purger les banques de leurs actifs toxiques, confirme en effet que le problème des prêts non performants (NPL) est largement sous-estimé par les chiffres officiels. En effet, 65% des 210 établissements financiers interrogés dans le cadre de l’enquête estiment que les chiffres publiés par les banques sont minorés.
Officiellement, le régulateur estime que le taux global de NPL est limité à 0,97% des prêts totaux accordés par les établissements. Or, 58% des banquiers interrogés estiment qu’il est supérieur à ce chiffre, tout en restant inférieur à 3%. Le taux atteindrait de 3% à 5% pour 33% des établissements, et même de 5% à 10% pour 10% d’entre eux. Xiao Gang, président de Bank of China, a même reconnu fin octobre, que si les NPL paraissent faibles, les risques réels sont nettement plus importants que ceux suggérés par les chiffres officiels.
Mais le plus inquiétant est la tendance observée. Xu Bei, économiste chez Natixis, estime que «compte tenu du contexte actuel, le poids des actifs toxiques progresse». En se basant sur les chiffres officiels, les NPL ont progressé de 63 milliards de yuans sur les neuf premiers mois de l’année et de 2,1 milliards pour les quatre plus gros établissements chinois sur le trimestre.
Pourtant, ceux qui s’attendent à une accélération du rythme des réformes avec la nouvelle administration pourraient en être pour leurs frais. Econome de ses paroles, Xi Jinping a indiqué lors de sa dernière déclaration prononcée au Mexique en 2009 qu’«au cœur de l’agitation financière internationale, la Chine a toujours été capable de trouver des solutions pour nourrir ses 1,3 milliard d’habitants». Dans ce contexte, Xu Bei estime qu’«une crise bancaire est peu probable dans la mesure où l’Etat chinois a la capacité de maintenir le système à flot».
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