Les banques américaines risquent de décevoir dans les activités de trading
La chute des Bourses chinoises ne se fera pas encore sentir sur les comptes à fin juin, mais la crise grecque a pesé indirectement sur les résultats trimestriels des banques américaines, attendus cette semaine. «La plupart des six grandes banques de marchés de capitaux pourraient rater le consensus de Wall Street, jugent les analystes de CreditSights. En plus des revenus du trading, les commissions en banque d’investissement [sur les marchés primaires car le M&A résiste, NDLR] et liées aux crédits pourraient aussi être impactées, bien que l’effet doive plutôt se faire sentir au second semestre.»
Premier à publier ses résultats ce mardi, JPMorgan pourrait annoncer des revenus globaux en baisse de 3,6% sur un an, à 24,5 milliards de dollars, selon les analystes interrogés par Bloomberg. Chez Bank of America Merrill Lynch, ils devraient diminuer de 2,7%, à 21,4 milliards et Citi limiterait la casse (-0,9%), avec un produit net bancaire de 19,2 milliards de dollars. Peu exposée aux activités de marché, Wells Fargo devrait progresser de 2%, à 21,7 milliards. Ses revenus d’intérêts pourraient tout de même atteindre leur plus bas niveau depuis 20 ans, malgré la légère hausse des rendements des bons du Trésor.
Face à ces mastodontes de la banque universelle, Goldman Sachs devait accuser la plus forte baisse (-4,1%), à 8,8 milliards, tandis que Morgan Stanley, sa consœur de Wall Street, tirerait son épingle du jeu avec des revenus en hausse de 7,4%, à 9,2 milliards. Du côté des profits, JPMorgan devrait s’imposer malgré un bénéfice net ajusté en baisse de 10%, à 5,46 milliards de dollars, contre 5,43 milliards chez Wells Fargo, selon Bloomberg.
Les banques pourraient faire les gros titres outre-Atlantique sur les questions réglementaires, alors que le débat sur les groupes too big too fail (trop gros pour faire faillite) est reparti de plus belle, pour les cinq ans du Dodd-Frank Act. La Volcker Rule, sa mesure phare censée bannir le trading pour compte propre, entre en vigueur le 21 juillet avec une dérogation d’un an (peut-être prolongée de 12 mois) pour la détention de fonds alternatifs et de capital-investissement.
Les huit banques systémiques détiennent encore «10,6 milliers de milliards de dollars d’actifs» et pèsent «57% du total de bilan de l’industrie bancaire américaine, a déploré jeudi dernier Lael Brainard, membre du conseil des gouverneurs de la Fed, avant d’ajouter que «ce n’est pas très différent des 9,4 milliers de milliards et des 60% [...] de 2009».
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