Les autorités suisses mettent en cause huit banques dans le scandale des changes
Le scandale de la manipulation du marché des changes n’en finit pas de révéler ses ramifications. Après les autorités australiennes fin mars, c’est la commission de la concurrence suisse (la Comco) qui a annoncé hier ouvrir une enquête d’envergure sur les devises. Huit grandes banques sont citées: quatre sont suisses (UBS, Credit Suisse, Julius Baer et Zürcher Kantonalbank), deux américaines (JPMorgan et Citigroup) et deux britanniques (Barclays et RBS). L’enquête préalable ouverte le 30 septembre 2013 a donc produit des résultats.
«Les comportements soupçonnés concernent en particulier l’échange d’informations sensibles et la coordination générale dans l’achat et la vente de devises à des cours influencés, des opérations coordonnées dans l’optique d’influencer la fixation du WM/Reuters, ainsi que la coordination dans l’achat et la vente de devises face à des parties adverses déterminées», précise la Comco dans un communiqué. En l’état actuel des informations à sa disposition, l’autorité helvétique estime que les manipulations concernent «les plus importantes devises».
Les banques incriminées ont diversement réagi. Américaines et britanniques n’ont pas commenté. Julius Baer indique «soutenir de manière constructive» l’enquête de la Comco, tout en précisant que sa propre enquête interne n’a révélé aucun abus. Zürcher Kantonalbank annonce coopérer également et rappelle qu’elle joue un rôle mineur sur le marché des changes, avec une part de marché de 0,2% dans le monde.
Credit Suisse est plus virulent. La banque helvétique est «étonnée» de ce qu’elle qualifie d’«allégations»: elle n’était pas concernée par l’enquête préalable. Tout en estimant que la mention de son nom est «incorrecte» et que les allégations sont «inappropriées» et «causent du tort à [sa] réputation», elle précise qu’elle coopérera avec les autorités.
La Comco n’exclut pas d’élargir son enquête à d’autres établissements. S’il en était besoin, le volet suisse confirme la dimension internationale du scandale, qui menace plus que jamais les finances des banques. Cinq poids lourds européens (Barclays, Deutsche Bank, UBS, Royal Bank of Scotland et HSBC) avaient déjà provisionné 16,4 milliards d’euros pour des litiges juridiques fin 2013. En plus des Suisses, les autorités américaines, britanniques, allemandes et de Singapour se penchent déjà sur le sujet. Une trentaine de traders ont été licenciés ou mis à pied.
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