Les assureurs planchent sur la fin des primes auto favorables aux femmes

L’heure est à la réflexion avant l'échéance du 31 décembre 2012 fixée par la justice européenne mettant un terme à cette discrimination positive
Benoît Menou
Markit 1

Le contexte juridique ne nous est pas favorable», a assuré hier Marie-Louise Antoni, membre du comité de direction générale de Generali France à l’occasion de la présentation de l’Observatoire des femmes et de l’assurance, initiative menée avec la plate-forme de conseil Terrafemina et l’institut CSA. La dirigeante faisait référence à la décision en mars de la Cour de Justice de l’Union européenne de mettre un terme à compter du 31 décembre 2012 à la différenciation des primes en fonction du genre de l’assuré, homme ou femme. Les conductrices paient aujourd’hui en moyenne des primes inférieures à celles des hommes, plus sujets aux accidents.

L’heure n’est pas encore à la formulation de solutions. «Nous disposons de quelques mois pour cela», comme le souligne Brigitte Dubus, responsable veille technique chez Generali, qui avance qu'«il s’agit aujourd’hui pour les assureurs de mesurer la portée de la décision (de la Cour) et de s’adapter». Avec pour condition de définir une mutualisation viable par le biais d’une nouvelle segmentation des risques après la disparition du critère du sexe de l’assuré «simple et statistiquement prouvé» en assurance automobile, là où la décision de la Cour aura un impact significatif. Cette démarche pourrait prendre davantage en compte des éléments de tarification tels le type de véhicule ou le kilométrage.

Cette nouvelle typologie des critères différenciants pourrait à terme permettre aux femmes de regagner une part du terrain qu’elles risquent de perdre en termes de primes du fait de la décision de la justice européenne.

Les résultats de l’enquête de l’institut CSA concernant ce point précis montrent déjà que la décision européenne va dans le sens des attentes des assurés. Seulement 20% des femmes interrogées et 18% des hommes considèrent qu’il est normal de différencier les primes d’assurance auto selon le genre de l’assuré. Alors que 83% et 77% respectivement sont favorables à une différenciation en fonction du risque individuel évalué grâce aux antécédents d’accidents.

La présentation de l’Observatoire a été l’occasion d’aborder nombre d’autres points, l’initiative visant particulièrement à mieux cerner l’attitude des femmes face aux risques, à la responsabilité ou à la prévention. L’enquête menée par l’institut CSA met notamment en exergue le degré d’exigence toujours plus fort des femmes envers leur assureur.

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